(Cas de Monseigneur Fansaka du Diocèse de Popokabaka)
(Par le Prof. Patience Kabamba)
Le MDW d’aujourd’hui se concentrera sur une situation particulière d’un diocèse catholique en république démocratique du Congo. Comme nous le savons, le particulier n’est en fait que l’écho de l’universel. Pour mieux comprendre ce qui se passe dans le diocèse de Popokabaka, il faut comprendre le contexte universel qui donne sens aux attitudes marchandes de monseigneur Fansaka.
Le sacerdoce dit-on est un état de noblesse. Et dans cette classe des nobles prêtres , il y en a qui sont considérés comme des princes de l’Église, les évêques. Tous, prêtres et évêques se réclament de celui qui a chassé les marchands du temple. En fait, Jésus n’a pas fondé une Église, mais une ecclésia qui signifie une assemblée de combat de l’être de la qualité contre toutes les impostures de la quantité de tous les temples de toutes les marchandises de la terre.
Le prince de l’Église de Popokabaka vient de suspendre un de ses prêtres. Cette mesure est souvent prise généralement lorsque le prêtre s’éloigne de ses promesses de chasteté et de l’obéissance à son évêque ou fait l’objet d’un scandale pour les chrétiens. L’abbé Kabeya a été suspendu pour avoir dénoncé la marchandisation de l’Église de Popokabaka par celui-là même qui aurait dû en être le garant , l’ordinaire du lieu, monseigneur Fansaka. Juste un exemple des multiples accusations à l’endroit de l’évêque de Popokabaka : les journées mondiales de la Jeunesse de 2023, une kermesse des jeunes catholiques du monde entier initiée par le Pape François, avait eu lieu à Lisbon au Portugal. Chaque diocèse y envoie des représentants de la jeunesse. Monseigneur Fansaka voulait en profiter pour envoyer des jeunes qui ne provenaient pas de son diocèse et qui avaient pour but d’immigrer en Europe en profitant de cette rencontre de l’Église catholique. L’abbé Kabeya a fustigé ce comportement de son évêque pou y mettre fin une fois pour toute. Cependant, son évêque n’a pas entendu cela de cette oreille et l’a suspendu de ses fonctions de prêtre. Une suspension dont l’accusé a fait appel car elle manifestement en dehors des règles canoniques de l’Église Catholique. Une suspension qui, à y regarder de près, ressemble à un règlement de compte du monde païen que le Christ avait fustigé.
En effet, Jésus n’était pas un juif. Il était un galiléen. A la naissance de Jésus, la Galilée était déjà hellénisée. Il a donc vu le jour au carrefour de la décomposition juive et de la décomposition païenne. L’Évangile de Jean l’exprime de la manière la plus forte : « an arch on ologon » : « au principe de tout, il y a le logos ». Jésus a parlé de la révolution du logos grec. Il n’est pas venu fonder une Église pour qu’il y ait des archevêques, des évêques, et des cardinaux, au contraire, il est venu dira aux gens ceci : « je viens a vous pour vous dire une chose : « aimer l’être de l’être » ». Jésus vient dans une insubordination radicale, il vient contre tous les royaumes du monde. Il ne privilégie pas un royaume contre un autre. Le Christ radical a produit quelque chose de se subversif et d’explosif.
Qu’est-ce que l’histoire a fait de ce radical message de Jésus ?
De Constantin a Théodose, l’empire romain se décompose et il fallait faire quelque chose et trouver une solution de rechange pour la masse urbaine de la société qui passe au christianisme. On va progressivement créer un christianisme ecclésial pour enfermer et cadenasser ce support révolutionnaire du Christ. Par la suite, toute l’histoire de l’Église a consisté à étouffer le support révolutionnaire du Christ. Malgré cela, le message révolutionnaire du Christ est tellement puissant qu’il suinte de partout. Aujourd’hui le capitaliste s’en prend à l’Église catholique, mais ce n’est pas à l’Église qu’il s’en prend, mais à ce message radical du christ que l’Église tente d’aseptiser sans succès. Le Council Vatican II était dans la logique de la marchandise. En effet, la marchandise ne va pas abolir l’Église, elle va simplement la digérer. Certains princes de l’Église sont devenus des porte-paroles de la révolution capitaliste. Le capitalisme déteste l’Église, mais ce n’est pas l’Église qu’il déteste mais plutôt ce suintement du christ radical qui, malgré les efforts de l’Église de l’aseptiser et de l’incarcérer, continue a être là. Bref, le Christ est insupportable pour la marchandise, cependant, il y a des Fansakas partout dans l’Église qui n’ont de cesse que d’enfermer et d’étouffer la puissance infinie et révolutionnaire du Christ.
Monseigneur Fansaka était consacré par le Rotari Club, il a fait des éloges de l’ancien premier Ministre Matata qui a pillé son pays pour se construire une université dans sa province. Il avait, en fait, privatisé des ressources nationales lui qui était premier ministre de tout le pays. Il a par exemple détourné des fonds de la Banque Mondiale destines aux bibliothèques universitaires dans tout le pays. Il est aussi notoirement connu pour avoir planté des maïs au parc agro-industriel de Bukanga-Lonzo dans la province du Kwango. De ces maïs, il a récolté des jolie bâtiments dans le Maniema. Étant lui-même englué dans la poursuite effrénée de l’argent, Mgr Fansaka avait présenté Matata Ponyo comme un modèle non ventripotent des gestionnaires différents des voleurs de la république. Le prince de l’Église dont il est question ici, en l’occurrence monseigneur Fansaka est entièrement embrouillé dans la marchandise. Le trafic des etres humains en utilisant un rassemblement de l’Église , le JMJ, comme l’en accuse son prêtre, est la phénoménologie de la marchandise qui avale l’église pour la digérer à travers les clubs comme la Rotarie ou des projets de développement détournés pour des besoins personnels.
Le MDW appelle l’évêque de Popokabaka de sauvegarder la radicalité du message christique déployé dans le Sermon sur la Montagne et de collaborer comme prince de l’Église avec son prêtre l’abbé Kabeya qui fait partie de la noblesse cléricale en levant sa suspension.
