Le chaos observé ces derniers jours dans la capitale congolaise n’est pas un simple accident de parcours. Il est le reflet d’un secteur laissé à lui‑même, où les règles sont remplacées par l’arbitraire et où les usagers deviennent les otages d’un système sans régulation.
Lundi, la grève des taxis et taxi‑bus a paralysé Kinshasa. Mardi, la reprise timide n’a rien arrangé : véhicules rares, tarifs multipliés, altercations entre chauffeurs et passagers. Dans cette jungle urbaine, les plus forts – les transporteurs – imposent leur loi aux plus faibles – les citoyens. Le prix d’une course dépend désormais de la météo, des embouteillages ou de l’humeur du conducteur.
Cette situation est intenable. Le transport n’est pas une faveur, c’est un droit. Il conditionne l’accès au travail, à l’école, aux soins. Quand il se dérègle, c’est toute la vie économique et sociale qui s’enraye. Laisser ce secteur fonctionner comme une jungle, c’est accepter que la mobilité des millions de Kinois soit soumise au bon vouloir de quelques individus.
Il est urgent que les autorités sortent de la passivité. Une grille tarifaire officielle doit être instaurée et respectée. Les abus doivent être sanctionnés. La modernisation du secteur – tickets électroniques, coopératives de transport, partenariats public‑privé – est indispensable pour sortir de l’anarchie actuelle.
La grève aura eu au moins un mérite : rappeler l’urgence d’une réforme. Kinshasa ne peut continuer à vivre au rythme des caprices tarifaires. Les autorités doivent agir, et vite. Car, dans une capitale de plus de dix millions d’habitants, le transport n’est pas un luxe : c’est un droit fondamental.
La Pros.