(Par le Professeur Florent Kaniki Gabati)
Quand on observe la situation sur les fronts de guerre à l’est de la Rdc aujourd’hui, on se dit avec beaucoup de tristesse et surtout de révolte que les autorités politico-militaires rendent ces hostilités comme une normalité et donnent l’impression d’être sclérosées. Lorsque ceux qui sont aux manettes à Kinshasa font combattre actuellement cette guerre par des troupes de la SADC qui ne prennent pas d’initiative de défense stratégique pour traquer les terroristes du M23, il faut bien se poser la question des résultats à moins d’être frappé de cécité.
Si depuis plusieurs décennies les FARDC n’arrivent pas à défendre notre territoire, plusieurs mobiles justifient cette faillite militaire en l’occurrence le manque des officiers militaires compétents, les équipements défectueux, des médiocres salaires conduisant nos militaires à avoir le moral dans les chaussettes et surtout l’absence de volonté politique pour se doter d’une plus grande puissance militaire en Afrique au regard de nos énormes potentialités économiques. Faut il continuer avec ce statu quo en se délectant du lucre ou prôner des changements qui s’imposent? C’est inacceptable si nos dirigeants se complaisent dans ce modus vivendi en distillant des déclarations pour la galerie au lieu d’agir. Le temps de la distraction est révolu. Il n’est plus question de s’enfermer dans un narratif d’enfumage politique comme l’a fait récemment aux USA l’Inspecteur général des finances en disant: « il n’y a pas de guerre au Congo, nous la voyons seulement à la télé. C’ est une situation qui se passe loin de Kinshasa et des autres villes ».
Il faut certes un sursaut stratégique en accélérant des réformes majeures de l’armée par des nominations des généraux congolais patriotes, compétents, loyaux puisque nous savons que nous sommes infiltrés par des agents secrets rwandais dans nos services de défense.
En outre, des militaires qui sont au front méritent des salaires de plus de 400 dollars. Le niveau d’exigence d’une guerre où le Rwanda utilise l’armement moderne implique de la part de nos autorités le recours à des moyens plus sophistiqués pour prendre la supériorité et redonner à nos Fardc les capacités techniques pour changer la donne. L’utilisation des drones kamikaze peut aussi concourir à des nouvelles victoires. Seule la volonté politique demeure primordiale et moins on en dit et mieux on agit efficacement.
Quoi qu’il en soit aujourd’hui les efforts entrepris par le président angolais pour une médiation entre la Rdc et le Rwanda, il est évident que la puissance militaire d’un pays est un outil très important de sa diplomatie et de sa sécurité. La situation mondiale le confirme chaque jour.
Pour négocier, dit-on, il faut être en position de force. La puissance militaire et diplomatie entretiennent des rapports étroits, l’instrument militaire porte les rapports de forces au point où la diplomatie peut se révéler fructueuse. L’ armée est à la diplomatie, les deux poursuivent des fins soit pacifiques soit belliqueuses pour atteindre des objectifs assignés. C’est dans cette optique la présidence congolaise doit bien comprendre que négocier avec Paul Kagame, la Rdc doit en dehors de prérequis, accélérer les réformes exigibles et se lancer dans un sursaut stratégique militaire.
Le Chef de l’Etat rwandais entretient la guerre à l’est du pays parce que le contexte interne à notre pays lui a donné des conditions favorables pour s’engouffrer aux fins de réaliser ses plans machiavéliques.
En demandant aux sud africains de ne pas combattre le M23 parce qu’il défend ses droits, Paul Kagame connaît le talon d’Achille des autorités congolaises, il est parvenu à infiltrer par ses agents nos Fardc et services de sécurité. C’est pourquoi il s’avère urgent de nettoyer notre armée si nous voulons des résultats efficients en simplifiant aussi la chaîne de commandement.
