La reprise, depuis hier mercredi dans la capitale du Qatar, des pourparlers entre le Gouvernement congolais et l’AFC/M23, devront entamer les questions de fond. Pas de politiques dans les deux délégations: seuls les experts militaires et de renseignement.
Les autorités qataries auraient, pour ce faire, renforcé la discrétion pour cette nouvelle phase au regard des points à l’ordre du jour. Mais déjà, le bureau de la médiation aurait reçu le cahier des charges de la délégation de l’AFC/M23.
Accablé par des sanctions de la communauté internationale, l’AFC/M23 tenterait de s’engager dans une nouvelle guerre des préalables. C’est ainsi que dans une déclaration officielle, ce groupe armé soutenu par le Rwanda a présenté à la facilitation une liste de six conditions.
Il exigerait, entre autres, une déclaration solennelle du Président Félix Tshisekedi en faveur d’un règlement pacifique avant de demander la levée de toutes les mesures considérées comme hostiles, notamment la résolution de l’Assemblée nationale du 8 novembre 2022. Il insiste sur la nécessité de négocier dans un cadre « neutre », à l’abri de toute pression ou menace judiciaire.
Pendant près de 3 décennies, la République Démocratique du Congo souffre des retombées de brassage et mixage des militaires, de la police et des services de renseignement. Pour rappel, c’est James Kabarebe, rwandais de son état, alors chef d’état-major général des Fardc, qui a eu à surperviser le brassage entre les ex-FAZ et les militaires issus des rangs de l’AFDL.
Avec les rébellions du CNDP et le M23, les mêmes principes de brassage des forces ont prévalu. Conséquences: le gouvernement rwandais était informé dans les moindres détails de l’organisation sécuritaire de la RDC. Raison pour laquelle l’Assemblée nationale a voté la loi mettant fin au brassage et mixage des forces armées. Tout recrutement est conditionné par la formation dans le cadre du programme de démobilisation et réinsertion.
L’AFC/M23 appelle à l’abrogation de cette loi afin de permettre, une fois encore, au régime rwandais d’avoir une main mise sur la sécurité en RDC. Le gouvernement congolais connait la stratégie de ses adversaires en cette matière. Une pilule qui ne passera plus dans l’opinion congolaise.
La Pros.