Après la publication du Gouvernement Suminwa 2 le vendredi 8 août 2025 à Kinshasa, l’opinion publique observe l’intégration de nouvelles têtes dans l’équipe gouvernementale alors que plusieurs membres conservent leurs fauteuils tantôt avec permutation et d’autres, par contre, ont été débarqués. Eve Bazaïba, Ministre d’Etat, Ministère de l’Environnement et Développement Durable de l’ancienne équipe, fait partie des permutés. Nommée Ministre d’Etat en charge des Affaires Sociales, Actions Humanitaires et Solidarité Nationale, elle profite de cette opportunité pour se féliciter du travail bien accompli à la tête du ministère de l’Environnement qu’elle a dirigé depuis avril 2021.
Comme si elle savait qu’elle passait ses derniers jours au ministère de l’Environnement, l’élue de Basoko a récemment évoqué son « grand » accomplissement à la tête de ce vaste portefeuille ministériel. C’était le 31 juillet dernier, lors de la présentation de la feuille de route pour la participation de la RDC à la COP 30, prévue à Belém, au Brésil, en novembre prochain.
Selon Eve Bazaïba, le Président de la République lui avait confié la mission de récupérer le leadership régional et international du pays dans le secteur environnemental, longtemps perdu. Une tâche qu’elle affirme avoir accomplie avec brio et se félicite pour avoir obtenue un bilan attendu par le Président de la République, Félix Tshisekedi.
« Il vous souviendra qu’à notre avènement à la tête du ministère de l’Environnement et Développement Durable en avril 2021, la principale mission qui nous avait été confiée était de récupérer le leadership régional et international que la RDC avait perdu dans le secteur environnemental et climatique », avait-elle déclaré.
Elle rappelle avec véhémence que : « la République Démocratique du Congo était bel et bien de retour dans les négociations internationales sur le climat, et que son peuple ingénieux et ses ressources abondantes entendaient bien y jouer leurs rôles ».
D’après Eve Bazaïba, il a fallu installer des stratégies bien orchestrées et une méthodologie rigoureuse pour réaliser cette mission avec succès et ses stratégies ont été mises en place pour les résultats obtenus aujourd’hui par le pays dans le secteur environnemental.
«La récupération du leadership de la RDC devait passer par la mise en place des stratégies et des actions calibrées et appropriées destinées à faciliter le come-back régional et international de la RDC, avec un impact technique et politique indéniables. À ce jour, nous sommes heureux de constater qu’un tronçon significatif de cette route a été parcouru, et que beaucoup reste encore à faire au regard de l’immensité de la tâche et de la complexité des défis à relever, eu égard au contexte environnemental international extrêmement mouvant », avait ajouté la ministre.
Cependant, son avis ne fait pas l’unanimité au sein de la société civile environnementale. Certains estiment que le pays a perdu cinq ans dans le secteur de l’environnement.
« En août 2021, j’avais dit à des collègues que cette dame ne mobilisera aucun dollar pour le secteur de l’environnement et qu’aucun projet concret ne serait mis en place. Cinq ans de perdus et un chaos total dans le secteur, sans compter le discrédit intentionnel. Pourtant, elle avait tout pour être une Wagner », a confié sous couvert d’anonymat un responsable d’une ONG.
Une scientifique prend les rênes
Eve Bazaïba est remplacée par la professeure Marie Nyange Ndambo. Titulaire d’un doctorat en économie de l’Université de Kinshasa et d’un doctorat en foresterie de l’Université Laval, au Canada, elle enseigne à la faculté des Sciences économique et de gestion ainsi qu’à la faculté d’agronomie (département de gestion des ressources naturelles) de l’Université de Kinshasa et d’autres universités du pays. Elle est également chercheuse affiliée à l’Université Laval et membre du Conseil d’administration de l’Université catholique du Congo.
Marie Nyange Ndambo est l’auteure de nombreux articles scientifiques et membre de plusieurs sociétés savantes internationales, y compris l’Africa Network of Agricultural Policy Research Institutes (ANAPRI). Elle est également membre du Conseil d’administration et présidente du comité d’audit de la Banque Centrale du Congo (BCC).
Jackson Mutamba
