Le Festival Social du Kivu (FESKI) a réuni, ce 14 mars 2026, plusieurs jeunes leaders venus des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu autour d’un atelier de formation consacré au leadership et à la cohésion sociale. Cette rencontre a constitué un cadre d’échanges et de réflexion sur les défis auxquels font face les communautés de la région du Grand Kivu. Parmi les intervenants, le journaliste et expert en communication Augustin Mosange a mis un accent particulier sur la question de l’identité culturelle.
Dans son intervention, il a souligné que l’identité culturelle doit être valorisée et respectée, quel que soit l’endroit où l’on se trouve. Selon lui, l’appartenance culturelle ne devrait en aucun cas être un motif de division ou de justice populaire.
L’orateur a également salué l’initiative du Festival Social du Kivu d’organiser cet atelier, qu’il juge très important dans le contexte actuel que traverse la République démocratique du Congo. Pour lui, les leaders doivent être capables de faire face aux multiples défis et obstacles qui affectent leurs communautés respectives, notamment dans un contexte marqué par les tensions et les conflits.
Au cours de son intervention, Augustin Mosange s’est aussi indigné de certains comportements observés dans la capitale, Kinshasa, où des Swahiliphones sont parfois victimes de stigmatisation. Il a appelé à privilégier le vivre-ensemble et l’unité nationale, rappelant que la diversité culturelle outil de paix pour le pays.
Pour appuyer ses propos, il a évoqué quelques faits historiques.
Il a notamment rappelé que Mwami Ndeze, actuel ministre chargé des Affaires coutumières, avait participé à la Table ronde de Bruxelles en 1960 pour représenter l’espace swahiliphone. Il a également souligné que plusieurs personnalités issues de cet espace ont joué un rôle important dans l’histoire du pays, notamment dans les années 1970.
A titre d’exemple, il a cité le cas de l’ancien maire de la ville de Goma, Midiburo, qui avait assuré l’intérim à la tête du pays pendant 48 heures lorsque
le Président Mobutu était indisponible.
Pour conclure, Augustin Mosange a insisté sur le fait que personne ne choisit son origine culturelle. Qu’on soit Swahiliphone, Kinois ou issu d’une autre région, tous sont avant tout Congolais. Dans le contexte actuel de guerre et de tensions, il a appelé les leaders et les populations à promouvoir l’unité, la tolérance et le vivre-ensemble pour construire une nation forte et solidaire.
Guershom Kasekera
