*C’est un diagnostic sévère, alarmant et sans commune mesure réalisé par les panélistes dans tous les secteurs de la vie nationale lors des travaux de l’EXPO BETON 8eme Edition, qui se sont déroulés, pour la Ville-Province de Kinshasa, du 9 au 12 septembre 2024, au Centre Financier de Kinshasa.
Ce cadre d’échange fructueux sur le développement pour redorer l’image de la République Démocratique du Congo, spécialement de la Ville de Kinshasa a réuni les investisseurs tant publics que privés des différents secteurs de construction, des charrois automobiles, des transports, de l’Habitat, des Ressources hydrauliques et d’électricité, de la transformation numérique, des énergies nouvelles et renouvelables, de matériels et engins agricoles etc.
C’est un Forum de haut niveau, doublé d’un événement d’une importance stratégique auquel, le Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a eu l’insigne honneur de présider la cérémonie d’ouverture, le 10 septembre dernier.
Kinshasa, cette ville mégapole présente d’énormes défis qui méritent la conception d’une feuille de route claire pour sa reconstruction.
Quatre-vingt pourcents (80%) d’immeubles qui poussent au Congo sont construits sans la moindre norme urbanistique.
La montée démographique indique que Kinshasa aura 30 millions d’habitants d’ici à 2030. Elle génère environ 12 mille tonnes des déchets non-biodégradables par jour, selon le gouvernorat de Kinshasa.
Parmi les solutions envisageables pour y remédier résident en la construction d’industries de transformation des déchets pour avoir de l’économie verte et circulaire.
Autour de cette transformation, l’on peut produire du carburant, de l’énergie, des textiles, des granulés pour la fabrication des bassins en plastique, des pavées piétonnes etc.
D’après les statistiques, Kinshasa est parmi les dix villes les plus polluées au monde du point de vue gazeux c’est-à-dire, de la pollution de l’air.
De la construction d’infrastructures routières et immobilières, à la gestion d’immondices en passant par l’urbanisation, l’assainissement et la maintenance de la voirie urbaine, la RD-Congo, a fait du recul tentaculaire.
Alors que la loi existe, la plupart de villes du pays sont construites sans intervention du cadre légal.
Ce qui veut dire, sans aucune norme urbanistique, sans planification, sans usage de la loi.
En matière de construction ou d’octroi de permis de construire, on tripote d’abord et puis après, on fait recours à la loi. C’est anormal.
Du haut de la tribune du Congrès du CFK, devant le Président du Bureau de l’Assemblée nationale, l’Honorable Vital Kamerhe, la Cheffe du gouvernement, Madame Judith Suminwa, le 1er Vice-président du Sénat José Kalala wa Kalala, les membres du gouvernement, les forces vives du pays et le Comité d’organisation dont le Sénateur Jean Bamanisa et Didier Tenge Te Litho, Ministre Délégué en charge de la Politique de la Ville, le Président Félix Tshisekedi a reconnu, sans ambages, la complexité et l’immensité des problèmes auxquels, la RDC est confrontée.
A l’en croire, « la croissance démographique que connaît le pays, spécialement la ville de Kinshasa soulève des défis cruciaux immédiats et imposent aux gouvernants d’adapter une politique publique inclusive, durable et résiliente ».
Et de poursuivre : « depuis l’indépendance, le secteur d’infrastructures et d’habitats a subi un manque d’attention pour développer des politiques stratégiques et d’analyses prospectives qui puissent permettre certaines anticipations ».
Ce manquement a conduit à un développement désordonné de nos villes, a déploré Félix Tshisekedi.
« Aujourd’hui, nous en payons le prix avec la congestion urbaine, le manque d’infrastructures sociales adéquates, le déficit de logement, la détérioration progressive de la qualité de vie ».
Vraisemblablement, tout est à reconstruire. Conscient de l’urgence après avoir suivi les éditions précédentes, le Président de la République s’est résolu de créer le Ministère Délégué en Charge de la Politique de la Ville.
Recommandations
Pour décongestionner la ville de Kinshasa en proie à des embouteillages monstres et constructions anarchiques, il est recommandé dans les zones économiques spéciales comme Maluku et les rocades de contournement dans la partie ouest, la construction des cités satellites qui prendront en charge les habitants du milieu avec des marchés modernes d’approvisionnement. C’est pour éviter à la population de faire, le mouvement, le matin vers une seule Direction (la Ville) et le soir vers la direction de retour à domicile.
A Matadi dans le Kongo central, la RN1 est surchargée. Les 2 bandes sont saturées avec des embouteillages. D’où, la possibilité de construire un viaduc de 15 Kilomètres qui va du port de l’Onatra (MCTC) pour déboucher vers 6 virages sur la RN1, en attendant la normalisation du trafic sur la voie ferrée.
En matière de gestion d’immondices, le gouverneur de la Ville Daniel Bumba Lubaki qui s’inspire de son voyage de la Chine préconise la construction d’au moins une usine de traitement des déchets dans chaque commune.
Car, a-t-il reconnu, tous les projets d’assainissements qui se sont succédé dans la Ville-province de Kinshasa n’ont pas apporté des résultats escomptés. Que se soient les projets PNA (Programme d’Assainissement de la Ville, PAUK (Programme d’Assainissement et d’Urbanisation de la Ville de Kinshasa) 2007-2010, PARAU (Projet d’Appui à la réhabilitation et l’Assainissement Urbain ayant pris fin en Août 2015, Kin Bopeto, Kinshasa zéro trou, Kinshasa coup de poing, l’insalubrité grandissante et l’impraticabilité de nos villes sont restées dans leur case départ.
C’est pourquoi, il va tenter d’imposer un prix aux meilleures communes qui se distinguent par la sécurité et la salubrité.
Aucun Immeuble ne sera construit si le maître d’ouvrage ne fait pas intervenir les architectes, les urbanistes, les ingénieurs BTP et de l’ARPTC pour la pose de la fibre optique.
En matière d’énergie électrique, le déficit est énorme. Le ministre Teddy Lwamba recommande aux constructeurs d’immeubles de se procurer des licences afin de produire de l’électricité par photo voltaïque. Sans quoi, la Snel ne saura nullement faire face à tout ce boom immobilier.
L’ingéniosité des étudiants dans différentes filières de construction, d’architecture, d’urbanisme, de BTP et de la transformation numérique sera dorénavant mise à contribution pour accompagner le gouvernement dans tous les projets visant le développement des infrastructures de la RDC.
Eugène Khonde
