Les Administrateurs de tous les territoires de la République Démocratique du Congo ont adressé un mémorandum à Jacquemain Shabani, Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires Coutumières, le 18 août 2025 à Kinshasa. Dans cette correspondance, les gestionnaires de ces entités et leurs adjoints ont décidé d’entamer un mouvement de grève à durée indéterminée.
Suite au non-paiement de leurs rémunérations depuis 3 ans, les Administrateurs ont décidé d’aller en grève.
D’après eux, ils vivent dans des conditions non appropriées tandis qu’ils sont au service de la nation. Ils fustigent également le non-paiement de plusieurs primes de la part des autorités compétentes, pour les mois d’avril, mai, juin et juillet de l’année en cours.
«C’est justement fort de cette confiance renouvelée que, nous nous voyons dans l’obligation de vous informer de notre décision d’observer une grève illimitée sur toute l’étendue du territoire national, à dater du lundi 18 août 2025, en raison des conditions inhumaines et dégradantes dans lesquelles nous sommes contraints d’exercer nos fonctions dans la territoriale, bientôt 3 ans, sans salaires. Nous constatons un grand retard. Ce retard devenu chronique en violation manifeste et délibérée des textes légaux, installe un climat de frustration parmi les ATs et ATAs, déjà épuisés par la précarité persistante», clarifie la correspondance.
Ces Chefs territoriaux s’appuient sur l’article 36 alinéa 2 de la Constitution de la République qui stipule que « l’Etat congolais garantit le droit du travail, la protection contre le chômage et une rémunération équitable et satisfaisante assurant au travailleur ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine».
«Nous tenons à rappeler que le paiement du salaire et des primes revêt un caractère légal, alimentaire, humanitaire, et qu’il est intrinsèquement lié au respect de l’article 36 de la Constitution. Il est donc inadmissible que pour les ATs et ATAs, la libération des OPI relatifs à leur rémunération soit conditionnée par une programmation spéciale contrairement aux autres catégories de personnel, créant ainsi une discrimination administrative injustifiée », renchérit la correspondance.
Il est grand temps que le Gouvernement, par le biais de la Vice-Primature ayant les ETD dans ses attributions de prendre à bras le corps cette situation qui constitue une entrave aux droits du travail de ces représentants de l’autorité de l’Etat dans les territoires conformément au Code du Travail congolais.
Hardi Moyo
