Les rebelles soutenus par le Rwanda ont pénétré vendredi 14 février dans la capitale provinciale du Sud-Kivu, moins de trois semaines après avoir pris le contrôle de Goma et en avoir chassé les FARDC et leurs alliés.
Des troupes rebelles du M23 arrivent au poste frontière de Rusizi, qui relie la ville congolaise de Bukavu à Cyangugu au Rwanda, le 16 février 2025. © Hugh Kinsella Cunningham / Getty Images via AFP
L’entrée des rebelles du M23, alliés aux troupes rwandaises, dans Bukavu a provoqué la peur d’une partie des habitants de la ville et de ses environs. D’après les autorités burundaises et plusieurs sources humanitaires, des milliers de personnes ont fui l’Est de la RDC et se sont dirigées vers le Burundi pour s’y réfugier.
Vendredi 14 février au soir, le M23 est entré dans les quartiers périphériques de Bukavu avant de prendre le contrôle de la localité dimanche. D’après les informations d’une source au sein d’une ONG située du côté burundais de la frontière, et qui a souhaité rester anonyme, « depuis vendredi soir, on fait face à une arrivée massive de réfugiés congolais. » « Il y en a plus de 10 000 et d’autres ont continué à arriver aujourd’hui », a-t-elle ajouté.
La même source a précisé que les réfugiés en question avaient fui la région de Kamanyola, au Sud-Kivu, par la rivière Ruzizi, en direction de la province burundaise de Cibitoke, au nord-ouest.
« Ces congolais ont sauté la rivière »
Le ministre burundais de l’Intérieur, Martin Niteretse, a lui aussi fait état de l’arrivée de réfugiés congolais, mais a précisé que leur nombre était toujours en cours d’évaluation. Selon lui, « des milliers [d’entre eux] ont fui parce qu’ils ont paniqué en apprenant que la ville de Bukavu avait été prise ». « [Ils] ont eu peur et ont sauté dans la rivière pour fuir la guerre, mais nous essayons de les rassurer », a-t-il affirmé.
Plusieurs milliers d’hommes de l’armée burundaise sont engagés dans l’est de la RDC, aux côtés des FARDC, l’armée congolaise. Début février, le président burundais, Evariste Ndayishimiye, s’était inquiété d’un embrasement régional du conflit. « Si l’est du Congo n’a pas la paix, la région n’a pas la paix », avait-il estimé dans une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube.
Jeudi 13 février dans l’après-midi, le Burundi avait brièvement fermé sa frontière avec la RDC. Plusieurs sources burundaises avaient évoqué un afflux de Congolais à Gatumba, au nord du Lac Tanganyika.
Tiré de Jeune-Afrique
