Le sort de Vital Kamerhe semble finalement scellé. 48 heures après l’ouverture de la session parlementaire de septembre, le vice-président a pris le maillet pour convoquer, aujourd’hui mercredi 17 septembre, la plénière devant statuer sur les pétitions visant la destitution de 5 membres du bureau dont le speaker Vital Kamerhe…
Une commission ad hoc sera ainsi mise en place dans le temps pour examiner cette requête des députés frondeurs. Il appartiendra à cette structure d’étudier les conditions de recevabilité de ces pétitions en vue d’un rapport final au bureau de cette chambre basse du parlement.
Il s’en suivra une nouvelle plénière avant de passer au vote à bulletin secret sur la déchéance ou non de chaque membre du bureau visé. C’est là que les Romains s’empoignèrent. Mais, tout dépend du commanditaire de cette action. En attendant, on ne sent pas une grande mobilisation en soutien à Kamerhe pour l’arracher des griffes de ses bourreaux.
On comprend nettement mieux cette stratégie d’épargner quelques membres du bureau à savoir, Jean-Claude Isaac Tshilumbayi et Mboso Nkodia Mpuanga et d’en clouer au pilori les autres. Il ne reste plus qu’à Kamerhe de déposer officiellement sa démission plutôt que verser dans les jérémiades.
C’est question de sauver de ce qui reste encore de son honneur plutôt que d’attendre la sanction des urnes. Kamerhe peut beau clamer son innocence, mais le fait de demander pardon a renforcé le camp des frondeurs qui ont considéré que c’est l’aveu de tout ce qui est mis à sa charge. Un homme d’Etat de sa trempe, devait comprendre, dès le début, que la cabale a été ourdie de mille lieux.
C’est de la même manière que Constant Mutamba s’est vu affaibli par les accusations portées contre lui, quand il a demandé pardon aux députés. Cette attitude doit servir d’exemple pour les autres politiciens. Autant mieux démissionner et laisser en attendant la justice ou le processus suivre son cours, plutôt que de solliciter la clémence de députés qui ont tendance à tourner le pardon du requérant en dérision.
Il sied de reconnaitre que la République démocratique du Congo se trouve engagée dans une série de pourparlers devant aboutir à la reconfiguration du nouvel ordre politique. Les tenants du pouvoir ont intérêt à contrôler la manette en vue de s’entourer de plus fidèles non pas seulement ceux qui claironnent sur tous les toits, sans en être convaincus. Seulement après Kamerhe, à qui le prochain tour ?
La Pros.