Sur des positions diamétralement opposées de Kinshasa et de Goma, Doha tente de se frayer un nouveau chemin. Le deuxième round des travaux du Qatar prévu pour le 8 août dernier entre les deux parties n’a pas pu avoir lieu suite à quelques préalables de Goma. Le leadership de l’AFC/M23 exigeait, entre autres, la libération de 700 prisonniers. Mais, Kinshasa s’est résolu de ne pas obtempérer à cette requête de Goma. Aucune de deux parties ne se montrent flexible sur les différentes revendications.
Pendant ce temps, les experts de Doha ont continué de travailler sur une ébauche d’accord finale après la déclaration de principes du 19 juillet dernier. Dans l’entretemps, tollé général à Kinshasa et à Goma. Les deux belligérants considèrent que les experts de la médiation n’ont pas pris en compte leurs préoccupations respectives.
Il était donc important, à ce stade, de disposer d’un document de travail afin de booster ces discussions du Qatar qui donnent l’impression de renvoyer dos à dos ses hôtes. Désormais, on ne pourra plus naviguer à vue à cette phase des négociations dès lors que chacune des parties dispose des propositions de travail. Plus question d’user de subterfuges pour bloquer le processus et retarder la fin de ces pourparlers. La prochaine rencontre pour la reprise de cette phase finale se veut ainsi imminente.
Entretemps, toute la Communauté Internationale et le microcosme politique congolais ont les yeux rivés sur Doha après l’accord de Washington. Le Qatar vient en complément à l’accord de Washington. Il y a, cependant, risque que les discussions de la capitale qatarie rencontrent une bonne partie des préoccupations des prélats catholiques et protestants contenues dans le Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble.
La classe politique à Kinshasa et en exil reste sur l’expectative attendant l’issue de Doha. N’ayant pas été associée à cette rencontre entre la délégation de Kinshasa et celle de l’AFC/M23, elle ne peut que se contenter de la place qui sera la sienne dans la nouvelle configuration politique.
Si à Sun City, le dialogue intercongolais a réuni les principaux belligérants, toute la classe politique, la société civile, la diaspora, pour celui devant se tenir à l’issue des travaux de Doha, les deux accords à savoir, Doha et Washington, auront balisé le chemin. Les pourparlers en vue entre congolais se conformeront à cette espèce de moule préconçu par les deux pays.
De cette façon, les marges de manœuvre risquent d’être limitées pour ceux qui espèrent un dialogue de grande envergure à l’interne.
La Pros.