Le dialogue national annoncé par le président de la République Félix Tshisekedi continue de susciter des réactions au sein de la classe sociopolitique congolaise. Parmi les premières voix du Kongo Central à se prononcer, le professeur Kongo Mabilama Innocent, président du PPA et coordonnateur de l’UFEKO, apporte son soutien à cette démarche qu’il considère comme une opportunité de rechercher la paix, la cohésion nationale et une nouvelle dynamique de gouvernance dans une interview accordée à 10ème Rue TV le 31 août 2026.
Pour le notable Kongo, cette initiative marque une évolution importante dans la manière d’envisager la participation citoyenne. Il qualifie le modèle proposé de « démocratie directe », estimant que le peuple doit pouvoir participer directement aux discussions sur l’avenir du pays, sans que sa voix soit exclusivement portée par des intermédiaires politiques.
« Nous voici dans un schéma de la démocratie directe : la pyramide renversée. Dans son élocution, le président de la République nous ramène dans ce qui est notre modèle de gouvernance d’une société des masses », explique Kongo Mabilama.
Le peuple au cœur du processus
Dans sa conception, le professeur Kongo Mabilama souhaite voir les citoyens s’exprimer à partir de la base, à travers des assises locales et régionales, avant une consolidation des différentes propositions au niveau national.
Il évoque notamment la mise en place de congrès populaires locaux permettant aux communautés de formuler leurs préoccupations et leurs propositions. Celles-ci seraient ensuite regroupées au niveau national afin de constituer un véritable cahier des charges destiné aux institutions.
Pour Kongo Mabilama, cette approche pourrait permettre de replacer le citoyen au centre du processus de refondation de l’État.
Une expérience historique à ne pas manquer
Le président du PPA inscrit également ce dialogue dans une lecture historique de la République démocratique du Congo. Il rappelle notamment les assises de Luluabourg de 1964 ainsi que la Conférence nationale souveraine, deux moments qu’il considère comme des rendez-vous importants dans la recherche d’un nouvel équilibre politique en RDC.
Selon lui, l’actuel contexte de guerre, de fragilité institutionnelle et de manque de cohésion nationale offre au pays une nouvelle occasion de rechercher collectivement des solutions.
« Le peuple parle, le peuple présente un cahier des charges pour la nouvelle République », résume-t-il, en présentant le dialogue national comme un possible instrument d’expression du pouvoir populaire.
« Nous sommes prêts »
Tout en saluant la démarche du chef de l’État, Kongo Mabilama affirme être prêt à prendre part à ce processus et à mettre son expérience et son expertise au service de la paix et de la cohésion nationale.
Il estime que le dialogue devrait permettre aux Congolais de poser ouvertement les problèmes qui touchent leurs communautés, notamment les questions identitaires, la gouvernance provinciale, les enjeux économiques et la place des autorités traditionnelles.
Pour le notable Kongo, l’essentiel est désormais d’éviter que les intérêts politiques et les ambitions de positionnement ne prennent le dessus sur l’objectif principal : mettre fin à la guerre, renforcer l’unité nationale et réfléchir à une réforme profonde des institutions.
Ainsi, Kongo Mabilama appelle à saisir ce qu’il considère comme un nouveau « rendez-vous de l’histoire », avec l’ambition de faire du dialogue national un espace où les Congolais pourraient contribuer directement à la construction d’un État plus cohérent et plus proche des aspirations de la population.
Bosco Kiaka
