Les Forces politiques alliées à l’UDPS/Tshisekedi (FPAU) accueillent favorablement l’annonce du dialogue national inclusif faite par le président Félix-Antoine Tshisekedi. Dans une déclaration politique rendue publique ce 1er septembre à Kinshasa, leur Coordonnateur général, Elysé Bokumwana Maposo, appelle à un processus allant « de la base vers le sommet ». Pour les FPAU, le prochain dialogue ne devrait pas reproduire les recettes des précédentes concertations politiques en RDC. Leur proposition est claire : « inverser la pyramide », afin que la représentativité des participants soit d’abord validée par les communautés qu’ils prétendent représenter. Du village à la chefferie, du secteur au territoire, puis de la province au niveau national, la légitimité devrait, selon cette plateforme, se construire progressivement à partir de la base. Une manière, estime-t-elle, de « rendre la parole au peuple » et d’éviter les représentations autoproclamées. Les FPAU invitent ainsi les forces politiques et sociales, les confessions religieuses, la société civile, les jeunes, les femmes et l’ensemble des forces vives du pays à s’approprier le processus. Elles considèrent que tout rejet de cette démarche devrait être expliqué devant l’opinion, estimant que le véritable leadership ne peut craindre le verdict de sa propre base. Ci-dessous, découvrez, en profondeur, la position officielle des FPAU.
DÉCLARATION POLITIQUE RELATIVE À L’ANNONCE DU DIALOGUE NATIONAL INCLUSIF
La Coordination Générale,
Après avoir suivi le discours du Président de la République, Chef de l’Etat, annonçant la convocation dans le bref délai, le dialogue national :
Les Forces Politiques Alliées à l’UDPS/TSHISEKEDI, réunies ce jour à son quartier Général de la Gombe, sous l’autorité de son Coordonnateur Général, SEM Elysé BOKUMWANA MAPOSO, félicitent le Chef de l’Etat, Son Excellence Felix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO pour cette annonce du dialogue national véritablement inclusif, dans la droite ligne de l’orientation annoncée à Libreville, en République Gabonaise :
L’approche proposée se distingue fondamentalement des schémas habituels des dialogues politiques que notre pays a connus. Il ne s’agit donc plus d’un dialogue construit exclusivement au sommet, entre quelques responsables politiques se prévalant d’une représentativité parfois difficile à établir en ce que, cette fois, le Chef de l’État Inverse la pyramide : le dialogue doit partir de la base pour remonter vers le sommet.
Du village à la chefferie, de la chefferie au secteur, du secteur au territoire, du territoire à la province et, enfin, de la province au niveau national, la base doit retrouver toute sa place dans la désignation et la validation de ceux qui prétendent parler en son nom.
Cette démarche nous ramène ainsi aux sources et aux souches de la légitimité populaire. Nul ne devrait désormais prétendre représenter une communauté, une province ou une composante politique sans que cette représentativité ne puisse être confrontée à la réalité de sa base.
C’est pourquoi nous considérons que, ceux qui rejetteraient, par principe, une telle démarche devraient expliquer au peuple congolais pourquoi ils redoutent une légitimité construite et vérifiée à partir de la base, au nom de laquelle ils prétendent toujours s’exprimer. Le véritable leadership ne doit pas craindre le verdict de ceux qu’ll prétend représenter. Nous appelons donc toutes les forces politiques et sociales, les communautés, les confessions religieuses, la société civile, la jeunesse, les femmes ainsi que toutes les forces vives de la Nation à adhérer à cette initiative et à soutenir la refondation de l’État congolais.
Le temps doit désormais être à la paix, à la réconciliation nationale et à la reconstruction de notre vivre ensemble. Fini le cycle infernal des violences en versant le sang de Congolais. Plus jamais l’accession au pouvoir par les armes. Plus jamais la violence comme moyen de conquête ou de conservation du pouvoir. Dans une République démocratique. La légitimité doit provenir du peuple et s’exprimer par les mécanismes démocratiques.
Cependant, comme en 1995 à la sortie de l’apartheid, l’Afrique du sud dans sa commission vérité et réconciliation sous la conduite de l’Archevêque Desmond Tutu, il ne s’agissait pas simplement de pardonner mais de faire la lumière sur les violations graves des droits humains commises pendant l’Apartheid, en RDC aussi, la réconciliation ne devrait signifier ni oubli, ni impunité. Le dialogue ne saurait devenir un mécanisme de blanchiment des actes commis contre la Nation et contre les populations. Chacun doit répondre de ses actes conformément aux lois de la République et aux principes de justice. La paix durable ne peut se construire au prix du sacrifice de la vérité et de la justice.
En annonçant ce dialogue inclusif, le Chef de l’État concrétise également la politique de la main tendue annoncée dès son investiture au début de son premier mandat, le 24 Janvier 2019 au Palais de la Nation à Kinshasa : rassembler les Congolais, dépasser les divisions et privilégier la recherche de solutions politiques aux différends qui traversent la Nation.
Dès lors, le refus systématique de cette main tendue, sans même accepter d’en éprouver démocratiquement les mécanismes, pourrait difficilement être compris par la population. Il pourrait nourrir l’impression d’un agenda caché ou d’une crainte d’être désavoué par sa propre base.
Nous lançons ainsi un appel pathétique à la base originelle, celle des villages, des chefferies, des secteurs, des territoires et des provinces qu’elle se réapproprie ce processus. Que chaque communauté choisisse librement et démocratiquement ses représentants. Que personne ne s’autoproclame parole du peuple sans avoir reçu son mandat.
Le Congo doit désormais se reconstruire de la base vers le sommet, et non plus exclusivement du sommet vers la base. C’est tout le sens de cette pyramide renversée : rendre la parole au peuple, restaurer la légitimité de la représentation, réconcilier la Nation et refonder l’État.
Prenant à témoin l’opinion Nationale et Internationale, Nous appelons toutes les Congolaises et tous les Congolais à saisir cette occasion historique dans un esprit de responsabilité.
La République doit être plus forte que nos ambitions individuelles.
La paix doit être plus forte que les armes.
Et la volonté du peuple doit demeurer la source ultime de toute légitimité.
Fait à Kinshasa, le 01 Septembre 2026
Elysé BOKUMWANA MAPOSO
Coordonnateur Général des FPAU
