Le 20 mars prochain, jour pour jour, Tshisekedi aura accompli trois mois depuis le début de son deuxième quinquennat. Le pays attend toujours la nomination du Premier ministre après la dernière phase des consultations par le l’informateur. L’urgence s’impose étant donné que tout est prioritaire.
A l’Assemblée nationale, c’est la guerre des fauves pour le perchoir entre Christophe Mboso, le sortant, et candidat à sa propre succession ; Vital Kamerhe, deuxième force politique de la chambre basse du Parlement et Modeste Bahati, troisième force malgré l’invalidation de 9 de ses Députés. Le jeu pour la présidence se joue entre les trois leaders de l’Union sacrée. Personne de ces challengers n’entend concéder quoi ce soit à l’autre.
Les Députés provinciaux ont la lourde responsabilité de doter les provinces des gouverneurs et des vice-gouverneurs véritablement élus avant d’évoquer l’élection des sénateurs. En attendant, la menace de la ministre de la Justice qui a mis en branle les procureurs de différentes juridictions de la République, agite l’épée de Damoclès qu’elle a suspendue sur les têtes de chaque élu. Contrairement aux années antérieures, les yeux sont rivés sur les nouveaux provinciaux face à la tentative de la corruption.
La semaine qui commence ne sera pas de tout repos. L’informateur Augustin Kabuya a déjà annoncé dès aujourd’hui lundi 18 mars la reprise de ses consultations après la publication par la Cour constitutionnelle, le 12 mars dernier, des résultats définitifs des élections législatives. Il faut parer au plus pressé. Sont attendus dans ces consultations, les responsables des partis et regroupements politiques formellement identifiés de la coalition majoritaire.
Le 26 février dernier, alors qu’il remettait les conclusions de sa mission visant à identifier la majorité parlementaire, Augustin Kabuya a été renvoyé à compléter son travail par des éléments structurants destinés à faciliter la conclusion d’un accord du gouvernement entre les membres de la coalition majoritaire sur la composition du gouvernement et sur les objectifs programmatiques.
Alors que la population attend un gouvernement réduit par son effectif au regard de certaines priorités dont notamment la guerre à l’Est du pays, tout le monde veut y être. Les différentes corporations sociales font pression pour être représentées au gouvernement. Les chefs coutumiers se sont constitués une délégation en vue d’obtenir un ministère. Tout le monde croit servir la République en étant nécessairement dans les institutions.
L’insouciance éhontée de l’Union sacrée dépasse tout entendement face aux périls internes et externes qui menacent dangereusement la survie de la nation.
La Pros.