Séjournant à Londres où il a rendu un dernier hommage à Jean Claude Mwalimu, ancien directeur de cabinet de Martin Fayulu le weekend dernier, Delly Sesanga, président du parti politique ‘’Envol’’ et opposant opiniâtre du pouvoir en place, ne se prive surtout pas de faire connaitre sa position sur la vision du Président de la République Félix Tshisekedi, qui consiste à doter la RDC d’une nouvelle Loi fondamentale. Il a saisi l’opportunité pour donner sa voix à la diaspora en accordant un entretien à un média ce lundi 2 décembre 2024 au cours duquel il a clarifié sa position.
A la question du changement ou de la révision constitutionnelle, Delly Sesanga répond en précisant que c’est son parti Envol qui avait sollicité en premier la révision de la Constitution afin de pouvoir modifier certaines dispositions caduques. Mais, il faut retenir qu’il existe bien une différence nette entre la révision et le changement de la Constitution. Et, cette dernière permet la révision mais pas le changement.
Selon lui, plusieurs dispositions doivent faire objet de révision notamment :
«La disposition qui définit le mode de scrutin lors des élections, passé de deux tours à un seul tour, doit être modifiée. Parce que, des élections de 2011 jusqu’à celles de 2023, les résultats ont été catastrophiques parce que le président proclamé n’a pas obtenu la majorité des suffrages et donc, n’a pas reçu mandat du peuple. Pour plus de clarté dans le choix des congolais qui se décident de se choisir tel candidat comme Président de la République et qui aura plus de poids et de pouvoir, il faut revenir à deux tours de l’élection présidentielle».
Parmi les dispositions citées par l’opposant Delly Sesanga figure également le temps que prend la nomination du Premier Ministre ainsi que la formation de son Gouvernement. Il insiste et persiste que cela doit être retouché. Pour lui, ‘’les politiques prennent trop de temps inutilement pour se distribuer les ministères’’. Ça doit être modifié, dit-il.
Après les élections des Députés Nationaux et Sénateurs puis l’installation des bureaux, fustige-t-il, l’adoption du règlement d’ordre intérieur des deux Chambres du Parlement pour la nouvelle législature prend du temps de son élaboration à son adoption et sa promulgation. « Il faut que nous passions des règlements aux Lois organiques afin de gagner du temps. Parce que, si vous parcourez tous les règlements de 2006, 2011, 2018 et 2023, vous vous rendrez certainement compte tout comme moi qu’il n’y a pas assez de différence. Nous perdons assez de temps pour ne pas gérer le pays. Si cette disposition est retouchée, tout cela ne prendra plus 2, 3 ou 4 mois pour assoir les institutions de la République. Cela doit donc passer par la révision de la Constitution uniquement et non son changement », mentionne Delly Sesanga.
Voilà pourquoi, dit-il, nous avons proposé en son temps une quarantaine de dispositions qui devaient impérativement subir une modification pour que nous rendions plus stables et plus fortes les institutions de la République.
Il scelle à nouveau l’article 220 qui ne peut être modifié en dépit de toute révision de cette Constitution du 18 février 2006.
«Toutes ces tractations ne nous permettront pas de toucher à l’article 220 qui fixe le nombre de mandat du Chef de l’Etat, l’indépendance de la magistrature, l’autonomisation des provinces. Toutes des dispositions étant verrouillées, ne peuvent subir d’aucun choc par une quelconque retouche », déclare-t-il.
Cette clarification de l’opposant Delly Sesanga vient mettre en lumière sa vision sur la Constitution actuelle. Est-ce une façon pour l’opposant d’accorder son soutien à la révision ou un simple langage politicien ? Ses prochaines sorties éclaireront d’avantage l’opinion publique.
César Nkangulu
