Les têtes vont manifestement tomber de partout après l’incident de la nuit dernière, soit du mercredi 10 au jeudi 11 septembre à l’aéroport international de Ndjili. Le Président de la République, de retour du Kazakhstan, a vu son avion retardé dans les airs pendant près de 11 minutes en attendant le rétablissement de l’électricité. La première sanction de la haute hiérarchie de la Régie des voies aériennes est vite tombée. Le commandant de l’aéroport international de N’Djili, Lundula Lutshaka, a été immédiatement suspendu.
C’est entre minuit et 5h du matin que l’aéroport de N’Djili a été plongé dans l’obscurité totale, en raison d’une panne générale d’électricité. L’absence d’un système de secours fonctionnel a provoqué un chaos opérationnel, contraignant plusieurs avions à se déporter sur l’aéroport international de Maya-Maya, à Brazzaville.
Des sources proches de l’aéroport, il nous revient d’apprendre que le commandant qui a écopé de la suspension a violé les instructions de sa hiérarchie dans le choix d’un fournisseur jugé inadapté pour l’acquisition d’un inverseur de charges et aussi dans le maintien en poste d’un technicien considéré comme incompétent, qui n’a pas su activer l’alimentation de secours.
La RVA affirme que ces négligences sont à l’origine directe de la panne et de ses conséquences sur la sécurité aérienne. Une enquête interne est en cours afin d’établir toutes les responsabilités et d’éviter la répétition d’un tel incident dans l’un des aéroports stratégiques du pays.
C’est l’occasion de revenir sur l’état sécuritaire de ce hub international de la RDC où les coupures d’électricité sont si fréquentes alors que l’opinion ne cesse de s’interroger sur la gestion du Go pass, avant de parler de la taxe de l’Hôtel ville surnommée Kimbuta. Cet incident illustre beaucoup mieux la gestion de l’électricité en RDC.
Un fait banal de coupure d’électricité auquel sont habitués les Kinois, peut engendrer l’irréparable. De ce fait, cette situation illustre la fragilité des installations aéroportuaires en République démocratique du Congo.
Réagissant sur le réseau social X, Tryphon Kin-kiey Mulumba, président du Conseil d’administration de la RVA, a souligné que les pannes électriques restent un problème récurrent dans le pays et affectent également les infrastructures stratégiques comme les aéroports.
«Nous dépendons de générateurs et d’onduleurs pour assurer le balisage et le fonctionnement de la tour de contrôle, ce qui engendre des risques fréquents de dysfonctionnements», a-t-il expliqué, tout en lançant un appel pressant à une modernisation urgente des infrastructures aéroportuaires nationales.
Toutefois, cette décision suscite des critiques au sein de la RVA, certaines sources dénonçant une mesure précipitée et potentiellement illégale. A la RVA, on conteste la légalité et la rapidité de cette décision, estimant que seul le Conseil d’administration est habilité à prononcer une telle suspension. Selon cette source, la mesure viserait à détourner l’attention de la responsabilité directe du Directeur général dans la gestion défaillante de l’alimentation électrique de l’aéroport.
La Pros.
