L’opposition politique de Kinshasa et celle de Goma ne sont pas associées aux tractations de Washington et de Doha. L’appel à un dialogue politique se présente comme une bouée de sauvetage. Les prélats catholiques et ceux de l’ECC en font leur cheval de bataille après avoir déposé leur rapport auprès du Chef de l’Etat. Ce dernier leur a enjoint d’harmoniser leurs vues avec les autres membres des confessions religieuses pour besoin d’inclusivité de la démarche.
Mais, déjà les hommes de Dieu ont du mal à se mettre d’accord sur certains principes. Bon nombre d’entre eux dénient à la CENCO et à l’ECC le monopole d’assurer la médiation. Depuis lors, c’est le suspense. Visiblement, on risque de s’engager dans un cycle de reniement dans le choix de la facilitation.
Entretemps, l’opposition, le premier regroupement à s’intéresser à ces discussions entre Congolais, se montre de plus en plus divisé. Il nous revient d’apprendre, à ce propos, qu’une rencontre des opposants est prévue dans une proche échéance dans un pays gardé secret. Le Sénégal serait indiqué pour abriter cette rencontre à l’instar de Genval sous Kabila.
Mais déjà, Martin Fayulu a été exclu dans le rang de l’opposition pour avoir rencontré Tshisekedi. Leader du camp de la patrie, les partis et les personnalités politiques se bousculent, pourtant, au portillon pour leur adhésion.
Entretemps, Joseph Kabila qui est mal-en-point avec bon nombre d’opposants, joue son va-tout en dépit des contradictions internes à cette opposition. Il tient à s’imposer par tous les moyens comme meneur au point de s’engager comme parrain financier de cette rencontre du Sénégal.
Ce n’est pas pour rien qu’il s’est rendu la semaine dernière à Brazzaville pour rencontrer son ex. homologue. Il a informé le président Sassou des enjeux de l’heure au regard de l’instabilité à l’Est de la RDC. Après un séjour de 72 heures dans la capitale de la République du Congo, il a regagné Goma.
En attendant, le camp présidentiel ne dort pas sur ses lauriers. Il s’est retrouvé dimanche 10 août dernier autour de Félix Tshisekedi pour renforcer la cohésion et la transparence au sein de la plateforme présidentielle. Cette rencontre a coïncidé avec l’avènement de Suminwa II qui doit avoir créé en son sein quelques fissures. Il était impérieux de colmater les brèches pour la solidité de cette architecture présidentielle.
C’est Suminwa II qui devra conduire à ce dialogue, dans le format qu’il plaira au Président de la République. Il devra aboutir à la résolution des problèmes qui minent la démocratie en République Démocratique du Congo et éventuellement un nouveau Gouvernement.
La Pros.