Face à une situation nationale jugée critique sur tous les plans, la Société Civile Révolutionnaire (SCR) est sortie de son silence hier mardi 30 septembre 2025. Au cours d’un point de presse animé au Centre Interdiocésain par son Coordonnateur national, Me Ferdinand Kitenge, la structure a livré une analyse sans concession des maux qui rongent la République Démocratique du Congo, sous le thème : ‘’la RDC face aux enjeux sécuritaires, diplomatiques, sociaux, politiques et économiques’’. Entouré des membres de son organisation et de plusieurs chefs coutumiers, Me Kitenge a appelé à une prise de conscience nationale et a avancé des pistes de solution audacieuses pour mettre fin à la guerre d’agression dans l’Est du pays.
D’emblée, le Coordonnateur de la SCR a brossé un tableau sombre de la situation socio-économique du pays, déclarant que « la population croupit dans une misère exacerbée », tout en reconnaissant les efforts fournis par les dirigeants. Pour lui, le drame congolais ne se limite pas à des difficultés internes, il s’agit d’une conspiration plus vaste. « La République Démocratique du Congo est victime d’un complot pour être balkanisée. Chose que le peuple congolais n’accepte pas », a-t-il martelé.
Pointant un doigt accusateur vers le voisin rwandais, Me Ferdinand Kitenge a affirmé que le Rwanda instrumentalise l’insécurité pour servir ses propres intérêts. Selon lui, « Le Rwanda a créé des groupes armés pseudo-FDLR destinés à attaquer des populations civiles congolaises, et a entretenu des chaos pour justifier d’autres incursions en RDC. Cette stratégie a toujours été qu’un paravent pour justifier des interventions servant à des intérêts économiques et géostratégiques bien que plus larges. »
Un conflit rwandais exporté
Au cœur de son analyse, Ferdinand Kitenge a déplacé l’épicentre du problème. Pour la SCR, la véritable cause des décennies de souffrance à l’Est n’est pas congolaise, mais bien rwandaise. Il a expliqué que l’instabilité est une conséquence directe de l’absence de réconciliation au Rwanda.
« L’impossibilité de la cohabitation Hutu Tutsi au Rwanda, c’est leur cause majeure à ce jour. La véritable cause des agressions réputables du Rwanda contre la RDC est donc ailleurs. Dans l’absence de la cohabitation pacifique entre les Hutus et les Tutsis au Rwanda, depuis l’indépendance, leur pays Rwanda est enfermé dans une logique de domination ethnique alternée. Tant que cette logique d’exclusion et d’évacuation perdurera, tout régime en place ou qui viendra chez eux au Rwanda, poursuivra inévitablement la traque de l’ethnie antagoniste en exportant ce conflit au Congo. »
La solution : un dialogue inter-rwandais inclusif
Fort de ce constat, Me Kitenge a balayé d’un revers de la main les initiatives de paix qui ne s’attaquent pas à cette racine. Pour la SCR, la solution ne peut venir que du Rwanda lui-même.
« Pour une solution durable, il faut être alors chez eux au Rwanda. Donc la solution durable c’est quoi ? C’est le dialogue inter-rwandais et non le dialogue inter-congolais. Un dialogue rwandais inclusif. Sans cette démarche courageuse, aucune médiation extérieure, aucun accord militaire ou politique ne pourra mettre un terme aux souffrances des populations congolaises de l’Est et à l’instabilité chronique de toute la région des Grands-Lacs », a-t-il insisté.
En conclusion de son propos, le Coordonnateur de la SCR a lancé un vibrant appel au peuple congolais à se prendre en charge et à soutenir les efforts du Président de la République, Félix Tshisekedi. « Nous avons vu la volonté politique et diplomatique que le président Tshisekedi est en train d’engager. Il serait mieux que le peuple l’accompagne », a-t-il déclaré, ajoutant que « seul le peuple Congolais doit engager la lutte, car la lutte libère. »
Fustigeant les crimes commis dans l’Est, qu’il qualifie de « crimes de génocide », Me Kitenge a interpellé la justice internationale : « Nous invitons la Cour pénale internationale à interpeller M. Paul Kagame et M. Museveni. » Il a également salué la condamnation de Corneille Nangaa par la justice congolaise tout en exigeant que la sentence soit exécutée. Dans une déclaration choc, il a appelé à des arrestations citoyennes : *« J’en appelle nos compatriotes congolais à l’Est, au Nord-Kivu, au Sud-Kivu, à tous les endroits. Vous voyez Nangaa, arrêtez-le. Vous voyez Kabila, arrêtez-le. Ce sont des criminels. Nous allons nous taire jusqu’à quand ? »
Cet appel à la mobilisation, adressé à la jeunesse, aux chefs traditionnels et à toutes les forces vives de la Nation, marque une volonté de la Société Civile Révolutionnaire de redéfinir les termes du débat sur la paix en RDC, en plaçant la responsabilité historique et la solution au cœur du conflit rwandais.
Nathan Mundele
