C’est désormais officiel. Le Président togolais Faure Gnassingbé a finalement été nommé par l’Union africaine comme nouveau médiateur pour apporter des solutions idoines dans les conflits persistants dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Il vient succéder à Joao Lourenço, Président angolais qui, après son élection au niveau continental comme président de l’Union africaine, s’est vu frappé d’incapacité pour poursuivre sa mission avec ses nouvelles fonctions.
Le nouveau médiateur entend contribuer vivement à la recherche d’une paix durable dans la région des Grands Lacs. Une tâche assez lourde pour lui et qui nécessite plus de bravoure et de sagesse extrême en vue de la réalisation de la mission lui confiée par ses pères.
Une nomination qui dérange
La nouvelle mission confiée au président Faure Gnassingbé fait parler des organisations de la société civile togolaise qui proteste et exprime leur colère, leur consternation et leur indignation.
Freedom Togo-Mouvement de Libération National a, à travers une correspondance depuis Paris, déclaré formellement que « Faure Gnassingbé n’a aucun crédit pour assurer une médiation d’envergure continentale ! ». Une prise de position qui en dit long.
Ce mouvement citoyen rappelle tous les principes et objectifs de l’UA tels que consacrés par son acte constitutif adopté à Lomé le 11 juillet 2000 et qui seraient foulés allégrement aux pieds par le nouveau médiateur dans les conflits entre la RDC et le Rwanda.
Pour Kofi YAMGNANE, président de Freedom Togo-MLN, la proposition et désormais la nomination du premier citoyen togolais à ce poste serait de nature à jeter un discrédit total, définitif et durable sur l’Union Africaine qui risque de subir le sort de la CEDEAO.
Pour Louis Rodolphe Attiogbé, du mouvement Novation Internationale, il se dit « choqué par sa désignation, quelqu’un qui viole tous les droits des citoyens dans son pays ».
Il faut noter que dans l’entame de sa mission, le président togolais et nouveau médiateur dans les conflits entre la RDC et le Rwanda devrait avoir comme premier objectif de fusionner et d’harmoniser les deux processus de médiation déjà existants : ceux de Luanda et Nairobi en vue d’éviter une multiplication des canaux de discussions.
César Nkangulu
