Toute la Communauté Internationale, essentiellement les USA, ont les yeux rivés sur cette phase des pourparlers qui doit aboutir à la signature de l’accord entre les deux parties. Pendant ce temps, un blackout a été décrété sur ces travaux de Doha. Le document proposé par la médiation reste le repère de ces discussions.
Déjà Kinshasa et Goma ont exprimé leur réserve sur cette proposition de la facilitation. Malheureusement, si les deux parties aux négociations s’étaient montrées sérieuses dans le respect du calendrier décidé à l’issue de la déclaration de principes du 18 juillet, on en serait arrivé à cette situation.
Le document de la médiation s’impose aux deux parties. Une fois de plus, une paix sans le consentement des congolais leur est imposée de l’extérieur. Un véritable coup de massue. Les congolais ne peuvent pas s’en dérober. On peut beau crier mais cet accord de Doha finira par être signé.
La délégation de Goma avait menacé avant la signature de la déclaration de principes de quitter la salle avant de se raviser. Cette fois-ci, cela ne va plus se répéter, car les deux délégations travaillent pour aboutir à un résultat qui est l’accord au-delà des subterfuges ou autres manœuvres dilatoires.
Cependant, deux points majeurs sont loin de mettre d’accord les deux protagonistes. Il s’agit de la notion sur l’instauration de l’autorité qui passe par la sécurisation de l’espace sous occupation et la nomination des gouverneurs par le pouvoir discrétionnaire du chef de l’Etat. C’est donc le schéma proposé par la médiation qui sera, finalement, adopté si Kinshasa et Goma ne se mettent d’accord.
Entretemps, le département d’Etat représenté par le conseiller de Donald Trump, Massad Boulos, tout en veillant sur l’évolution de ces discussions, se réjouit de la reprise de ces travaux qui s’inscrivent dans la continuité de la signature en juillet de la déclaration de principes.
Sans nul doute, l’évolution de ces négociations permettra de desserrer l’étau autour de l’AFC/M23 après le massacre de plus de 150 personnes imputé aux supplétifs du Rwanda. Le spectre de sanctions reste suspendu sur le leadership de ce mouvement rebelle. Sinon comment mettre en doute les rapports neutres des experts du conseil sécurité ou de l’Ong Amnesty international ?
L’AFC/M23 se retrouve à Doha les mains liées par les violations de cessez-le feu et les dernières tueries dont les victimes se recruteraient parmi les hutus congolais de Rutshuru. Cette communauté constituerait une cible privilégiée pour toutes les rébellions de l’Est sous la coupe du Rwanda. La semaine qui commence sera décisive pour ce processus du Qatar.
La Pros.