Henri Kalama, Directeur général de l’ABA s’adresse aux étudiants
Un appel à l’engagement et l’expérimentation a été lancé aux étudiants du département de conservation-restauration des œuvres d’arts de l’Académie des beaux-arts (ABA), mercredi lors de la rentrée scientifique, par le directeur général de cet établissement d’enseignement supérieur à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).
«Votre filière exige passion, patience et intégrité. Vous serez demain les restaurateurs, les conservateurs, les chercheurs, les responsables d’institutions et experts de patrimoine. Voilà pourquoi, je vous invite à vivre cette année avec curiosité, humilité et courage. N’hésitez pas à vous interroger, à expérimenter et à vous engager. Les œuvres que vous toucherez ne sont pas de simples objets, ce sont des fragments de l’histoire de l’humanité. Prenez-en donc grand soin», a recommandé Henri Kalama, Directeur général de l’ABA.
«En effet, en créant cette filière d’études en 2013, notre établissement voulait combler la carence de professionnels en sauvegarde du patrimoine culturel en RDC en particulier, et en Afrique Centrale en général. Petit à petit, nous accomplissons cette mission avec dévotion, bien sûr accompagnés par des amis de notre institution», a-t-il ajouté.
Pour le directeur général de l’ABA, la filière de conservation-restauration des œuvres d’arts est une discipline complexe et exigeante qui mobilise toute la rigueur scientifique. Elle requiert une compréhension fine des matériaux, des techniques anciennes, des processus de dégradation, mais aussi des contextes historiques, sociaux et symboliques qui donnent sens aux œuvres.
«Cette rentrée scientifique témoigne ainsi de notre engagement envers la qualité des enseignements, envers le développement de la recherche, le renforcement de l’expertise professionnelle, la coopération interinstitutionnelle locale et internationale et la valorisation de notre patrimoine local, national et mondial », a-t-il conclu.
Les trafics illicites d’objets : défis contemporains de la conservation-restauration des œuvres d’arts
Par ailleurs, Élodie Cacheux, cheffe de projet du pôle EUNIC RDC, a dans son discours, mis l’accent sur les défis contemporains auxquels fait face le domaine de conservation-restauration des œuvres d’art.
«Nous savons que le domaine de la conservation-restauration est confronté à de nombreux défis contemporains : les effets des changements climatiques, les conflits armés, les trafics illicites d’objets d’art, les enjeux politiques, juridiques et diplomatiques liés à la restitution des biens culturels»,
Face à ces problématiques complexes, elle a invité les partenaires à s’investir dans l’éducation, former des femmes et des hommes capables de faire face ces défis avec lucidité, rigueur et responsabilité. Leur donner les outils pour analyser, protéger, restaurer et transmettre ce qui constitue la mémoire matérielle et symbolique d’un peuple.
Selon elle, ce domaine est aussi un espace de dialogue interculturel qui exige la collaboration entre communautés, chercheurs, institutions et pays. Elle crée des ponts, elle rapproche les visions, elle nourrit des débats essentiels sur notre rapport au patrimoine, à son sens, à sa circulation et à sa valeur.
Selon des sources académiques, le lancement de ce département en 2013 avec l’appui de l’Union européenne, a été motivé par le besoin de combler la carence des professionnels en sauvegarde du patrimoine culturel en RDC, en particulier, et en Afrique centrale, en général.
JD
