Les délégations du gouvernement congolais et ceux de groupe politico-militaire AFC/M23 sont attendus cette semaine dans la capitale du Qatar pour relancer un processus de paix au point mort. Mais la reprise des discussions intervient dans un climat de tension marqué par des démonstrations de force et des affrontements persistants sur le terrain.
Le week-end dernier, l’image a frappé les esprits : des centaines de combattants alignés à Tshanzu, dans le Rutshuru, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Plus de 700 recrues auraient achevé leur formation, a revendiqué l’AFC/M23. Sultani Makenga, le coordinateur militaire de la rébellion, a rappelé sans détours l’objectif du mouvement et de ce recrutement : « Renverser le pouvoir de Kinshasa. »
En contrepoint, Félix Tshisekedi a pris la parole dimanche, s’adressant depuis Kinshasa aux jeunes vivant dans les zones tenues par la rébellion : « Le prix de la résistance que vous payez est la sève d’un Congo nouveau. […] J’ai pris l’engagement personnel d’œuvrer sans relâche pour abréger vos souffrances et rétablir la paix. » Des propos qui traduisent l’inquiétude du pouvoir face à la dynamique militaire du M23, alors que les combats se poursuivaient encore ce lundi matin.
Des avancées limitées
Le processus de Doha avait pourtant permis quelques résultats. Le 12 juillet 2025, une Déclaration de principes avait été signée, saluée par l’émissaire américain Massad Boulos comme un « jalon important ». Un projet d’accord final avait été présenté par le médiateur qatarien, et un mécanisme d’échange de prisonniers, sous l’égide du Comité Internationale de la Croix-Rouge (CICR), avait été acté.
Mais ces avancées restent en suspens. Les listes de prisonniers doivent encore être validées et transmises. Kinshasa souhaite que cet échange soit intégré dans l’accord final, tandis que l’AFC/M23 exige qu’il intervienne en amont.
Autre point de blocage : le principe d’« exclusion » défendu par Kinshasa pour les auteurs de crimes graves, refusé par la rébellion, qui réclame l’inclusion de certains de ses membres condamnés à mort. Le CICR attend toujours un compromis pour intervenir.
Un accord à retravailler
Le cessez-le-feu, élément central du processus, n’est pas davantage opérationnel. Il fera encore l’objet de discussions profondes. Les combats sur le terrain rendent illusoires toute trêve durable. Quant au projet d’accord final, il est jugé « non-satisfaisant » par Félix Tshisekedi, qui en demande une révision.
« Nous avons un projet (d’accord), ils travaillent sur ce projet final », a reconnu Massad Boulos. « La piste de Doha reste extrêmement importante », a-t-il insisté, malgré les retards accumulés en septembre. Cette sixième séquence de négociations qui doit s’ouvrir cette semaine le sera dans un climat dans lequel la guerre et le dialogue semblent avancer en parallèle, sans parvenir encore à se rejoindre.
De RFI
