La campagne électorale entre dans sa phase cruciale avec l’étape de Kinshasa. L’annonce de l’arrivée du leader d’Ensemble pour la République dans la capitale ce samedi 9 décembre 2023, a mis en ébullition les différents états-majors des partis politiques dans la capitale. Le thème provocateur qui y sera développé, « Tolembi pasi » risque de mettre de l’huile au feu.
Moïse Katumbi semble tenir la chandelle du candidat commun de l’opposition pour être parvenu à rallier autour de lui quatre présidentiables en l’occurrence, Matata Ponyo, Seth Kikuni, Franck Diongo et, tout dernièrement, Delly Sesanga Hipung.
C’est l’occasion pour Martin Fayulu de parler des candidats alimentaires. Pour l’Ecidé, il sera maintenant aisé de parler de la candidature unique de l’opposition autour d’une table. Il fallait donc prendre ce recul afin d’éviter le piège du clientélisme autour de Moïse Katumbi à Pretoria.
Le camp de Martin Fayulu a annoncé la fin de sa campagne, le dimanche 17 décembre prochain. Elle sera sanctionnée par un meeting au stade de Martyrs. Entre Martin Fayulu et Moïse Katumbi « c’est le j’aime moi, non plus ». Les deux leaders n’émettent plus sur la même longueur d’ondes, une fois la guerre de leadership déclenchée entre les deux.
Le premier croit être l’opposant le plus populaire. Pour preuve, il a sollicité le stade de Martyrs pour marquer la fin de campagne électorale. Avec ses moyens de bord, il s’estime toujours présent dans les cœurs des Congolais qui l’ont élu en 2018. Pour rien au monde, un autre leader ne viendra le descendre de son piédestal.
Le second croit, cependant, qu’il a suffisamment tâté les pouls des Congolais après son périple notamment, dans la ville de Lisala, dans le grand Equateur, le mercredi 6 décembre dernier à Kikwit, dans le Kwilu…où il a foulé ses pieds dans les provinces de l’Ouest où il a été accueilli en triomphe. Il ne peut donc pas s’empêcher de se bomber le torse d’être véritablement le challenger de Tshisekedi pour 2023.
Les deux leaders risquent de se neutraliser par l’émiettement de l’opposition. Et, en pareille circonstance, c’est le président sortant qui en serait le plus grand bénéficiaire. D’abord, candidat à sa propre succession, un avantage certain sur les autres présidentiables. Et puis, les querelles de leadership entre les deux opposants ouvrent grandement la voie à Tshisekedi qui ne peut que se frotter les mains.
Muzito semble mis à l’écart de cette course entre ces deux fauves de l’opposition. Ce n’est, pourtant pas, qu’il soit distrait. Au contraire, il attend le bon moment pour s’en prendre à sa proie, le temps que les deux présidentiables s’épuisent. L’équation risque donc, de se compliquer pour l’opposition. Ainsi, l’Opposition serait-elle, selon ce tableau fort corsé, à la croisée des chemins. Naturellement, face à un Tshisekedi resté debout dans ses bottes, le chemin escarpé marqué par le spectre de la putréfaction de cette opposition qui y va en ordre dispersé, lui, le candidat à sa propre succession, ne peut que rempiler.
La Pros.