Dans son exposé, face aux professionnels des médias, il a déploré une espèce, selon ses propres mots, d’incohérence relationnelle. Il a également évoqué un manque de financement adéquat. Hier, jeudi 1er octobre 2026, Teddy Lwamba, Directeur Général de la Société Nationale d’Electricité (SNEL), a présenté une situation préoccupante de la desserte électrique en RDC. Au cours d’un briefing avec le Ministre de la Communication et médias, Patrick Muyaya Katembwe, à la RTNC, il a apporté un peu plus de lumière sur les véritables défis auxquels son établissement demeure confronté pour mieux rendre service à la population. Face aux critiques récurrentes liées au phénomène délestage, Teddy Lwamba a recommandé la confiance, assurant que la SNEL n’a jamais lésiné sur ses efforts, ni sur ses moyens techniques, pour améliorer son offre. « Le grand problème que nous avons est lié à la production », a-t-il expliqué. Et le problème ne s’arrête pas là.
Selon Teddy Lwamba, la SNEL souffre, aujourd’hui plus qu’hier, de la trilogie relationnelle avec l’Etat. Une situation l’empêcherait non seulement d’accroitre ses capacités, mais aussi de disposer durablement des moyens de sa politique. « Aujourd’hui, toutes les instances officielles ne payent pas (factures, ndlr) », a-t-il déploré, plaidant pour des réformes pour corriger les incohérences.
« On aurait pu engranger des bénéfice s si l’Etat payait 25% de la consommation. Aujourd’hui, toutes les instances officielles ne payent pas. Cela remonte à l’époque coloniale. Au Botswana, dans sa structure budgétaire, toutes les instances officielles ont un quota de 5% pour l’utilité publique. Il n’y a même pas une occasion d’avoir une dette… C’est des réformes ambitieuses qui doivent être menées chez nous », a insisté le DG Lwamba.
20% d’augmentation de la desserte électrique
Malgré un tel contexte difficile, la Société Nationale d’Electricité entend soulager avec détermination sa clientèle. Face à la presse, l’ingénieur Teddy Lwamba a, en effet, confirmé l’arrivée imminente, dans le cadre d’un partenariat avec l’entreprise turque Karpowership, d’une centrale flottante de 134Mw, destinée à accroitre de 20% la desserte électrique à Kinshasa et dans les provinces voisines. Selon le patron de la SNEL, l’expertise de la société Karpowership a contribué au renforcement des activités économiques au Ghana, au Nigéria et au Kenya.
« Le grand problème que nous avons aujourd’hui est lié à la production. On produit peu, on consomme beaucoup. La solution que nous avons validée aujourd’hui, c’est de faire venir le bateau-centrale pour permettre à ce que nous puissions injecter dans un premier temps 134Mw. Nous aurons 20% d’augmentation. Nous espérons que cela sera disponible d’ici un mois pour permettre à ce que nous puissions injecter cette puissance-là dans la ville-province de Kinshasa et les autres provinces environnantes », a-t-il indiqué.
Portée technique de la desserte
Dans un élan de pédagogie, le Professeur Teddy Lwamba a expliqué que la problématique de la desserte en électricité en RDC porte sur une dimension saisonnière. Durant la saison sèche, la rareté des précipitations, qui entraine la diminution rapide du niveau d’eau, fait partie de principales causes de perturbation du service. Pour maintenir le cap, la SNEL a misé sur des solutions alternatives d’urgence. « Il faut savoir que la source de production de l’électricité en RDC c’est l’hydroélectricité. Elle a une disponibilité saisonnière. Ce sont les réserves d’eau qui permettent de pouvoir produire. Partant de juillet jusqu’à mi-octobre, il y a une baisse drastique de niveau d’eau. Ce qui fait que pour des raisons de conformité technique et de contrôle d’équipements, il y a des machines qui sont mises à l’arrêt automatiquement par manque d’ingrédient de base. Aujourd’hui, nous avons atteint un pic d’injection de puissance sur Kinshasa du 11 juin au 15 juillet 2026 de 700Mw. C’était la période de la Coupe du monde. Tout le monde était desservi. A la fin de cette période, nous sommes arrivés à sortir le G25 du réseau pour des contrôles techniques. Aujourd’hui, nous sommes entre 390Mw à 450Mw. Ce gap a un effet sur la ville de Kinshasa », a-t-il explicité.
Mesures d’urgence
« Ce qu’il faut retenir c’est que nous avons fait deux opérations. Nous avons fait un travail d’assainissement du réseau. Il permet que l’écoulement de l’énergie puisse être fluide. Sur le réseau de Kinshasa, sur une année, nous avons amélioré la capacité d’injection de puissance. On a eu un gain de 140Mw supplémentaires avec de nouveaux transformateurs, notamment à Makala. Nous avons réalisé des améliorations. Mais, il se pose toujours un problème de l’énergie produite. En novembre 2025, on a mis en service le G25 qui venait avec 193Mw. Aujourd’hui, pour des raisons de contrôle technique, il est à l’arrêt », a complété Teddy Lwamba, qui a sollicité, par la même occasion, un soutien, aussi bien du Gouvernement, que des partenaires, pour aider la SNEL à accroitre la production interne afin de renforcer son offre, au profit des populations.
La Pros.
