Une page d’Histoire à l’un des plus grands rendez-vous d’art au monde. Les richesses culturelles de la République démocratique du Congo sont exposées dans un grand pavillon à la Biennale de Venise en Italie. C’est Mme Yolande Elebe, ministre congolaise de la Culture, arts et patrimoine qui a procédé à l’inauguration avec succès cet espace consacré exclusivement aux œuvres de la RDC à la 61ème exposition internationale d’art contemporain qui se déroule du 9 mai au 22 novembre 2026 dans cette ville située au nord de l’Italie. Une centaine de nations y participe également pour exposer leurs créations et potentialités culturelles sur la scène mondiale.
Intitulée »Simba Moto ! » Seize the Fire (Saisis le feu), l’exposition se déroule à l’Antico Refettorio de la Scuola Grande di San Marco, joyau architectural de la Renaissance vénitienne.
Officiellement, l’inauguration du pavillon congolais est intervenue, le 7 mai 2026, au cours d’une soirée de vernissage des membres du commissariat, de l’équipe curatoriale, des artistes et des partenaires.
Une inscription historique à la Biennale de Venise
Cette participation marque une étape majeure dans l’inscription de la RDC aux Participations Nationales de la Biennale de Venise, l’une des manifestations d’art contemporain les plus prestigieuses au monde, qui rassemble cette année près d’une centaine de pays autour de la thématique ‘‘In Minor Keys’’ (En tonalités mineures).
Elle constitue l’une des premières traductions internationales d’envergure de la stratégie de soft power culturel voulue par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, et mise en œuvre par le Ministère de la Culture, Arts et Patrimoine sous la supervision de la Première Ministre, Madame Judith Suminwa.
Un pavillon au cœur d’un dispositif global
Le Pavillon national constitue la pièce maîtresse d’une participation pensée dans sa globalité, sous le concept »RD Congo : Cap vers la Biennale de Venise ».
Outre l’exposition, une programmation parallèle se déploiera dans des périodes phares des six mois de la Biennale, de mai à novembre 2026. Une approche qui inscrit la présence congolaise à Venise dans la durée, et qui dépasse la seule logique d’exposition.
«Ce pavillon n’est pas un événement isolé. Il s’inscrit dans une stratégie globale de participation nationale à la 61e Biennale de Venise. Une stratégie qui articule plusieurs dimensions : un pavillon artistique, une présence institutionnelle, une programmation diversifiée au service d’une même conviction : la République Démocratique du Congo ne vient pas seulement exposer, elle vient prendre part. Pleinement. Et dans la durée», a soutenu la Ministre Yolande Elebe.
La soirée inaugurale du pavillon congolais a été ponctuée de plusieurs gestes symboliques. La Ministre a signé le livre d’or du lieu, scellant solennellement la présence de la RDC dans cette enceinte internationale. À cette même occasion, le directeur de la Scuola Grande di San Marco, également poète, lui a remis en témoignage son recueil de poésie.
Dans ce pavillon, photographie, sculpture, installation, vidéo et peinture dialoguent au cœur d’un espace rituel et panafricain qui dépasse les frontières du Congo-Kinshasa pour interroger les imaginaires africains et diasporiques contemporains.
« Aucun pavillon national ne mérite ce nom s’il oublie une part de sa nation. La cohésion ne se décrète pas dans les discours : elle se construit dans les choix concrets, et celui-ci en est un», a dit la ministre de la culture.
Pour sa part, la Ministre a tenu à honorer celles et ceux qui ont rendu ce pavillon possible : le commissariat, l’équipe curatoriale et »Fondation Damso » en leur remettant des sacs en tissu Kuba conçus par le créateur Moussa Style. Un geste qui, au-delà du protocole, salue la dimension profondément collective de cette page d’Histoire.
La forge comme manifeste : une direction curatoriale d’envergure
Sous le commissariat de Cindy Makiana et la direction curatoriale de Nadia Yala, le pavillon mobilise neuf artistes du territoire et de la diaspora : Sammy Baloji, Arlette Bashizi, Patrick Bongoy, Damso, Gosette Lubondo, Nelson Makengo, Aimé Mpané, Léonard Pongo et Géraldine Tobé.
Cohésion nationale et engagement de la diaspora
La composition même du pavillon incarne une volonté forte de cohésion : celle d’un Congo entier, dans la pluralité de ses territoires et l’engagement de sa diaspora.
Les neuf artistes mobilisés viennent autant des ateliers du territoire national Kinshasa, Haut-Katanga, Nord-Kivu que de la diaspora congolaise, installée entre Bruxelles, Paris, New York et au-delà.
Une même nation, plurielle, qui parle d’une seule voix. Ces créateurs ont exposé en grande nature des œuvres de haute facture inspirées des cosmologies Luba, Songye, Kuba et Kongo…
Ils ont déployé un dispositif esthétique comme une ‘‘forge lumineuse’’, convoquant la triade feu–soleil–forge, archétype universel de la création, de la destruction et de la renaissance. « Saisis le feu ! Et engendre le monde », écrit la curatrice dans sa note.
Un modèle de partenariat public-privé inédit
La mise en œuvre du pavillon repose sur un partenariat stratégique inédit avec la ‘‘Fondation Damso’’, illustrant la place de la diaspora dans la stratégie de rayonnement culturel international de la RDC ; une vision portée sous l’impulsion du Président de la République et conduite sous la supervision de la Première Ministre, qui placent la culture au cœur des leviers de développement, d’influence et de rayonnement du pays.
Jordache Diala
