72 heures après l’annonce de l’arrivée de Joseph Kabila à Goma, aucun signe de sa présence dans ce chef-lieu du Nord-Kivu. Pourtant, certaines sources, dont notamment quelques proches de l’ancien Chef de l’Etat, en l’occurrence, son particulier Kikaya Bin Karubi, l’Afc/M23 ainsi que le relai des médias occidentaux, ont confirmé cette information. S’agit-il d’un canular ou d’un piège tendu au pouvoir ?
De toute manière, rien de surprenant, car en politique tous les coups sont permis pourvu que l’adversaire soit déstabilisé. C’est de bonne guerre et on ne saurait en tenir rigueur à personne. De plus en plus, la prochaine adresse à la nation de celui qu’on appelé hier le Raïs, pourtant confirmée par l’un de ses conseillers, devient hypothétique.
En attendant, Joseph Kabila reste taiseux. On croit savoir selon certaines sources que les différentes tribunes publiées dans certains médias étrangers proviendraient plutôt de ses services.
En effet, par le temps qui court, il serait imprudent à un ancien chef de l’Etat et commandant suprême de l’armée, à son époque, de s’afficher à la tête de l’Afc/M23. D’abord les pays d’accueil où il réside, ne peuvent pas accepter d’œuvrer pour la déstabilisation de la République démocratique du Congo avec qui ils entretiennent de bonnes relations diplomatiques.
Et pour rappel, Joseph Kabila avec Paul Kagame, c’étaient des relations en dents de scie. Les militaires du M23 ont eu à combattre le pouvoir de Kinshasa sous Kabila d’abord sous le label du RCD, puis le CNDP et le M23 dont ont été emprisonnés par Kabila avant d’être graciés par Tshisekedi. Il est donc difficile que les deux personnalités se fassent confiance.
En outre, le Rwanda se trouve sous sanctions de l’Union européenne et des Usa qui l’obligent à retirer ses hommes de la RDC. La Communauté internationale a ras-le-bol de cette énième agression de la RDC, surtout quand les Usa tiennent à investir dans les mines congolaises.
Cependant, il est vrai que Joseph Kabila peut injecter quelques fonds à l’Afc pour ses relations avec Naanga, lui aussi sous sanction de l’Ue, mais ne peut pas tout se permettre. Déjà, la Cadeco que l’Afc/M23 a inauguré avec pompe, ne fonctionne pas normalement par manque de liquidités au moment où les militaires au front accusent plusieurs mois d’arriérés de solde.
Et le rendez-vous de Doha où seule la délégation de Kinshasa et celle de Goma y sont conviées. Joseph Kabila n’y est associé ni de près ni de loin. Le rôle que jouent certains proches de Kabila est contre-productif par rapport à son image du père de l’alternance politique en RDC.
La Pros.