Des chiffres très alarmants : « 400 millions d’Africains n’accèdent pas à l’eau potable, plus de 700 millions n’ont pas accès aux structures d’assainissement, plus de 80% des maladies qui nous frappent en Afrique sont d’origine hydrique, l’impact social est grave, surtout pour les femmes et les enfants », c’est la sonnette d’alarme tirée par l’élu du peuple et chef de la délégation congolaise, l’éminent Professeur Jacques Djoli Eseng’Ekeli.
Son collègue Garry Sakata a, peu après cette intervention magistrale, enfoncé le clou dans cette quête pour l’eau potable, gros enjeux continental, voire, planétaire, au cours de la récente session ordinaire à Midrand (RSA), siège du Parlement panafricain.
Lors d’un débat houleux, en effet, les Professeurs Jacques Djoli Eseng’Ekeli et Garry Sakata Moke Tawab ont, successivement, sollicité la parole pour apporter leur savoir-faire en vue de relever le défi majeur sur le manque d’eau potable criant sur l’ensemble du continent africain. Au-delà des chiffres alarmants susmentionnés, l’eau doit être un élément devant servir au développement de l’Afrique. C’est cela la question essentielle à ce problème, a martelé le Rapporteur de l’Assemblée nationale de la RDC.
Paraphrasant son collègue du Lesotho qui a soutenu que « l’eau va créer un espace de convivialité en Afrique australe », ce brillant scientifique de la RDC et membre effectif du PAP depuis plusieurs années a, quant à lui, fait observer que la République démocratique du Congo, offre l’opportunité, avec le grand barrage d’Inga, de donner non seulement de l’énergie pour booster la distribution de l’eau, mais c’est surtout l’un des châteaux d’eau d’Afrique.
Vibrant appel au changement de vision
« Comment développer des politiques d’eau rationnelles lorsque nous devons être distraits par des violences, des conflits, la déstabilisation et des agressions ? », s’est-il interrogé. Toutes les ressources qu’exige l’attaque de ce secteur fondamental pour l’avenir, poursuit-il, risquent d’être englouties dans l’achat des armes et dans des conflits inutiles qui produisent des réfugiés, des déplacés. La situation se voit ainsi aggraver, car l’eau devient, dans ce cas, un élément de survie.
Jacques Djoli a salué le rapport intéressant en cette matière d’eau potable. Cependant, il a fait remarquer que ledit rapport n’aborde pas les vrais problèmes que risque de créer de l’eau sur le continent africain. Il a cité, en exemple, l’eau de la Renaissance risque d’être un élément de perturbation de la région, particulièrement entre l’Ethiopie et l’Egypte. Il a invité les concepteurs de ce rapport à insister sur le changement de vision.
Selon le Professeur Djoli, l’eau n’est pas seulement un élément de changement social, mais aussi un élément de construction de l’avenir du continent africain. « Une vision sans projet est une utopie », dixit Nelson Mandela.
Le deuxième orateur congolais, Garry Sakata, a estimé que le rapport n’offre pas de visibilité. Il aurait voulu entendre ce que prévoit l’agenda 2063 en rapport avec l’eau, ce que l’Union africaine a déjà fait depuis l’adoption de l’agenda 2063 et ce qu’il reste à faire. Cet autre scientifique a donc voulu que le rapport sorte de généralités. L’eau c’est de l’or vert et qui doit être préservée.
Les deux parlementaires congolais, Jacques Djoli et Garry Sakata, ont, en l’espace de vingt-quatre heures, proposé à leurs collègues africains des réflexions de haute facture sur cette thématique vitale mettant sur la balance des millions de vies humaines.
L’eau potable c’est la vie.
James Mpunga Yende
Envoyé spécial à Midrand/South Africa
