En toute franchise, la sélection des méritants a été rigoureuse. Sur 87 candidats en lice, seuls 11 d’entre eux ont été retenus aux postes de Directeurs au sein de la Société Nationale d’Electricité (SNEL S.A). Cette sélection résulte d’un processus de recrutement innovant mis en place par le Conseil d’Administration de cette entreprise du portefeuille, sous la férule de son Président Luc Badibanga Mwanza. Déroulés du 7 au 14 mars 2025, ces entretiens avec les candidats ont été arbitré par un Comité élargi composé, notamment : des membres du Conseil d’Administration et de la Direction Générale de la SNEL S.A, de représentants de la Primature, du Ministère du Budget, du Ministère du Portefeuille, du Ministère des Ressources Hydrauliques, du Président de la Délégation Syndicale Nationale de la SNEL S.A en qualité d’observateur pour la garantie de l’intégrité du processus, ainsi que de deux cabinets spécialisés en ressources humaines, assurant l’impartialité et le professionnalisme des évaluations. Tous les candidats ont été reçus en entretien individuel devant ce Comité, garantissant une évaluation objective et équitable de chaque profil.
Innovation, Méritocratie et transparence
En effet, la SNEL S.A devient la première entreprise du portefeuille de l’Etat à adopter un processus de recrutement innovant de cette envergure. Depuis deux ans, cette entreprise faisait face à une instabilité managériale marquée par la vacance prolongée de postes stratégiques et l’intérim de 13 directeurs.
Consciente de la nécessité de stabiliser son Comité de Direction pour améliorer ses performances, la SNEL a initié, depuis novembre 2024, une démarche inédite visant à rompre avec les pratiques habituelles de nomination directe par le Conseil d’Administration (CA) et la Direction Générale (DG).
Contrairement aux méthodes classiques de nomination, la SNEL a fait preuve d’innovation en lançant un appel à candidatures interne ouvert à tous les cadres de l’entreprise. Cette démarche a permis de garantir une compétition équitable et transparente, mettant en avant les compétences et les résultats obtenus par les candidats.
Des résultats prometteurs et des perspectives ambitieuses
A l’issue de cette démarche rigoureuse, 11 postes de direction sur 13 ont été pourvus et validés par le Comité. Les 2 postes vacants feront l’objet d’un nouvel appel à candidatures afin de garantir la sélection de profils qualifiés.
Ce processus a également permis de découvrir certains talents prometteurs, qui seront prochainement nommés à d’autres postes stratégiques et déployés à des postes à haute responsabilité.
La question des différents agents de la SNEL sans fonction, communément appelés « sous le manguier », a également été abordée. Un engagement a été pris pour engager des discussions constructives visant à leur proposer de nouvelles fonctions où ils pourront pleinement s’épanouir et contribuer positivement à l’atteinte des objectifs de l’entreprise et à l’amélioration de ses performances globales.
Bien que cette réforme marque une avancée importante en matière de gouvernance et de gestion des entreprises publiques, la SNEL est consciente que des défis majeurs demeurent. En particulier, les efforts devront se poursuivre pour améliorer la qualité du service, moderniser les infrastructures et renforcer la relation avec les abonnés.
Cette réforme n’est qu’un premier pas dans une démarche plus large visant à faire de la SNEL une entreprise plus performante et mieux préparée à répondre aux besoins énergétiques du pays.
Vers des réflexions stratégiques
Selon certaines analyses, cette réforme managériale permettra à la SNEL de se doter des capacités nécessaires pour engager des réflexions stratégiques et initier les actions en vue de renforcer sa production énergétique. Plusieurs pistes de développement sont actuellement à l’étude afin d’améliorer durablement l’offre d’électricité dans le pays. Ces projets se déclinent selon trois horizons temporels qui sont le court, moyen et long termes.
D’abord, en terme de projets à court terme, il est épinglé la mise en état du groupe G25 prévue pour le premier trimestre 2026 dont l’objectif est d’ajouter une puissance additionnelle de 15 MW, contribuant ainsi à stabiliser l’approvisionnement à court terme. Egalement, de la construction de centrales photovoltaïques : En raison de son investissement réduit et de sa mise en œuvre rapide, cette solution constitue une réponse efficace pour diversifier le mix énergétique et renforcer l’offre en électricité dans les délais les plus courts.
Ensuite, sur le moyen terme, il est planifié la remise à niveau des groupes G23, G24 et G26 d’Inga II. En effet, cette opération vise à restaurer et moderniser ces infrastructures clés pour améliorer leur rendement. Une fois réalisée, cette remise à niveau devrait permettre d’ajouter une puissance énergétique moyenne de 216MW.
Enfin, sur le long terme, il est envisagé le lancement du projet Inga III ainsi que la construction de nouvelles centrales hydroélectriques. Particulièrement sur ce dernier projet, des études sont en cours pour évaluer la faisabilité de nouveaux projets dans des régions stratégiques telles que la Grande Province Orientale et le Grand Kasaï.
La Pros.
