« Faisant parti des droits de l’homme, le dialogue représente une forme de participation au processus démocratique », a déclaré Me Jean – Claude Katende, membre chevronné de la société civile congolaise et président national de l’Association africaine de défense des droits de l’Homme, « ASADHO » en sigle, une organisation de défense des droits de l’homme, au cours de l’émission Face-à-Face de Top Congo le mardi 6 octobre 2026.
Le dialogue, tel que voulu par le Président de la République Félix Tshisekedi, continue à faire des émois au sein de la classe politique et de la société civile congolaise. Dans un langage pédagogique, le président national de l’ASADHO, Me Jean-Claude Katende, a rappelé les règles qui, selon lui, devraient unir toutes les parties prenantes à ce dialogue. Pour cet acteur de la société civile, « pas de question du partage de pouvoir sur la table du dialogue » car, estime-t-il, elle remplacerait de facto les questions dont les débouchés rimeraient vers l’intérêt du peuple congolais.
« Quand on met sur la table la question du partage du pouvoir, les politiciens, eux, s’arrêtent là et le reste des questions ne les intéressent plus. Or, nous avons besoin dans le contexte actuel de reconstruire ce pays, de lui donner une nouvelle chance. Et donc, toutes les questions qui n’ont pas permis aux précédents dialogues d’aboutir à un changement profond de la manière dont on gère le Congo doivent en fait être mises de côté. Donc, la question de partage de pouvoir, moi, je ne m’y souscris pas. Je pense que c’est ce qui a toujours fait que le Congo n’avance pas parce que les gens se battent non pas pour l’intérêt du Congo mais pour des intérêts personnels pour le positionnement », a-t-il indiqué avant de renchérir qu’il faut « favoriser la réflexion collective pour trouver des solutions qui puissent être durables ».
La participation au dialogue des rebelles soutenus par le Rwanda ne ferait qu’empirer l’instabilité qui sévit dans la partie orientale du pays parce que, selon le président de l’ASADHO, « ils n’ont aucun agenda à apporter et à présenter à cette table des discussions à part celui de leur parrain qui consiste à défendre les idées qui sont celles du Rwanda », pays agresseur de la RDC.
Pour Jean-Claude Katende, une nuance existerait pour quiconque prendrait part au dialogue.
« Si on ne veut pas qu’ils viennent, que les anciens rebelles qui ont tué les gens, qui ont le sang des congolais sur leurs mains et dont les victimes continuent à réclamer justice ne viennent pas non plus. Que ces personnalités-là ne viennent pas aussi. En ce moment-là, on se trouve dans un jugement qui est défendable », a-t-il nuancé.
Un dialogue de la base au sommet
En félicitant le Chef de l’Etat sur l’initiative de faire intervenir toutes les couches sociales en partant de la base au sommet, JC Katende souligne que cela serait « un avantage à considérer » du fait que les anciens dialogues n’auraient « toujours » été que des « conciliabules des politiciens » avec un seul objectif : « se partager le pouvoir ».
Pour faire face à l’inclusivité des citoyens dans toutes leurs couches, il propose une participation authentique et influente des forces vives de la nation en demandant à chaque composante de désigner ses propres représentants et que ce dialogue soit confié à des personnalités indépendantes, crédibles et capables de résister aux manipulations politiques.
En cas d’échec constaté au terme du dialogue, l’ASADHO, organisation de défense des droits de l’homme, inviterait les citoyens à se prendre eux-mêmes en charge si seulement les conclusions n’aboutiraient pas aux exigences d’intérêts du peuple congolais.
César Nkangulu
