Après avoir braqué les projecteurs sur les entrepreneurs lors de sa première saison, « Les Nouveaux Boss » place désormais l’entreprise au centre de son dispositif. Pour sa deuxième édition, présentée hier jeudi 17 septembre 2026 à Kinshasa, le programme porté par TV5MONDE et WeMake Productions renforce ses exigences : potentiel de croissance, maîtrise du marché, création d’emplois, besoins de financement et capacité à séduire des investisseurs seront davantage scrutés.
Un bon projet ne suffit pas toujours pour bâtir une entreprise durable. Encore faut-il connaître son marché, maîtriser ses chiffres, disposer d’une stratégie de développement et convaincre ceux qui pourraient accompagner financièrement sa croissance. C’est autour de ces enjeux que TV5MONDE et WeMake Productions ont construit la deuxième saison des « Nouveaux Boss ».
Les contours de cette nouvelle édition ont été présentés jeudi à Kinshasa en présence notamment de Bouchra Réjani, productrice et CEO de WeMake Productions, Nicole Sulu, mentor et fondatrice du réseau Makutano, ainsi que Fely Samuna et Michel Losembe, membres du jury.
Le rendez-vous a surtout permis de mettre en évidence la nouvelle orientation du concours. Si l’émission demeure une compétition panafricaine destinée aux entrepreneurs, elle veut désormais accorder une place plus importante à la capacité des projets sélectionnés à devenir des entreprises structurées et susceptibles de se développer sur plusieurs marchés.
Près de 1.000 candidatures enregistrées
L’intérêt suscité par cette deuxième saison s’est traduit par près d’un millier de candidatures. Pour Bouchra Réjani, les profils enregistrés présentent déjà des signes d’évolution par rapport à la précédente édition, plusieurs candidats ayant notamment confronté leurs modèles économiques au marché.
Le champ des activités concernées s’élargit également. « C’est qu’on a élargi de nouveaux secteurs que nous n’avions pas l’année dernière, et notamment la health tech », explique la productrice.
Autre nouveauté : la possibilité offerte aux candidats de défendre leur projet en binôme. À cela s’ajoute une présence renforcée de jurés-investisseurs lors de la grande finale, signe de la place accordée cette année à la question du financement.
Avant d’arriver à cette dernière étape, les dix candidats encore en lice bénéficieront d’un accompagnement pour retravailler leurs projets. Ils devront ensuite les défendre devant un jury international d’investisseurs, avec l’obligation de préciser notamment leurs besoins financiers et la manière dont les ressources recherchées pourraient accompagner leur développement.
L’entreprise plutôt que le seul entrepreneur
C’est probablement là que se situe la principale rupture voulue pour cette deuxième saison. L’attention ne sera plus uniquement portée sur la personne qui défend le projet, son éloquence ou l’originalité de son idée.
« La première saison a monté des entrepreneurs. La deuxième saison, on voudrait voir des entreprises », résume Nicole Sulu.
Derrière cette formule se dessinent plusieurs critères. Les candidats devront démontrer que leurs initiatives peuvent dépasser leur stade actuel, toucher de nouveaux marchés et produire un impact économique et social mesurable. La création d’emplois figurera notamment parmi les éléments observés.
La connaissance du client et du marché prendra également une place importante. Les mentors s’intéresseront à la maîtrise des données financières, à la stratégie envisagée pour développer l’activité et à la capacité du porteur de projet à identifier précisément les ressources nécessaires à sa croissance.
L’objectif est ainsi de confronter l’ambition entrepreneuriale à des éléments plus concrets. Une idée innovante devra également démontrer sa viabilité économique et son potentiel de développement.
Kinshasa dans le circuit des présélections
Pour identifier les entrepreneurs appelés à poursuivre la compétition, « Les Nouveaux Boss » s’appuie cette année sur quatre hubs : la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo, le Bénin et le Maroc.
Après les étapes du Maroc et du Bénin, Kinshasa accueille à son tour le programme, avec le début des tournages annoncé pour vendredi 18 septembre. Au terme des présélections, seize candidats doivent poursuivre l’aventure.
Le parcours comprend ensuite un programme d’accompagnement à La Station avant la Grande Finale prévue en octobre.
Le programme bénéficie notamment du soutien de l’Alliance des patronats francophones, de Bpifrance et de la French African Foundation. Diffusée dans 160 pays, la première saison avait, selon les données communiquées, enregistré 34 % d’audience linéaire en Afrique francophone et approché les 100 millions de vues sur les plateformes numériques.
John Ngoyi
