Le Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires en République Démocratique du Congo a annoncé, mercredi 9 septembre 2026, dans un énoncé de son Coordonnateur, Damien Mama, une aide du Gouvernement américain qui s’élèverait à 225 millions USD en vue de fournir « une assistance humanitaire vitale à près d’un million de personnes ». Ces ressources, selon le communiqué, seraient engagées à travers « trois allocations consécutives et complémentaires, toutes alignées sur le plan de réponse humanitaire 2026 révisé qui recentre les objectifs sur les besoins les plus sévères ». Face à une réponse lente par rapport aux nombreux défis humanitaires qui affectent plusieurs dizaines de milliers des congolais, Damien Mama invite les bailleurs à rejoindre et à renforcer cette mobilisation. « Tout en remerciant les bailleurs qui contribuent déjà à la réponse humanitaire en RDC, ainsi que ceux qui soutiennent d’autres fonds communs gérés par OCHA, j’encourage ceux qui ne contribuent pas encore au FH RDC à envisager de rejoindre et de renforcer cette mobilisation collective ».
Ci-dessous, l’intégralité de l’énoncé.
Enoncé du Coordonnateur Humanitaire en RDC
Fonds Humanitaire en RDC – Deuxième contribution du Gouvernement des États-Unis – 2026
09 Septembre 2026 – La République démocratique du Congo (RDC) demeure confrontée à l’une des crises humanitaires les plus graves au monde. Les conflits armés, les déplacements de populations, l’insécurité alimentaire, les épidémies et la dégradation de l’accès aux services essentiels continuent d’exposer des millions de personnes à des risques immédiats pour leur vie, leur santé, leur protection et leur dignité. L’épidémie de maladie à virus Ebola (MVE), déclarée en mai 2026 dans l’Est du pays, a aggravé une situation humanitaire déjà critique.
Je remercie le Gouvernement des États-Unis pour sa deuxième contribution de 225 millions de dollars au Fonds Humanitaire en RDC (FH RDC), afin de fournir une assistance humanitaire vitale à près d’un million de personnes. Cette contribution intervient à un moment où les besoins humanitaires augmentent tandis que les financements diminuent.
Ces ressources sont engagées à travers trois allocations consécutives et complémentaires, toutes alignées sur le plan de réponse humanitaire 2026 révisé qui recentre les objectifs sur les besoins les plus sévères.
La première allocation, de 38,3 millions de dollars, a répondu à l’urgence créée par l’épidémie de MVE. Elle a mobilisé rapidement les partenaires déjà opérationnels afin de soutenir la riposte, d’adapter les interventions humanitaires en cours et de préserver la continuité des services essentiels dans les zones affectées ou à haut risque.
La deuxième allocation, de 142 millions de dollars, vise à préserver la continuité de l’assistance humanitaire vitale face aux importants déficits de financement. Elle soutient en priorité les pipelines humanitaires critiques, le prépositionnement et la disponibilité des intrants essentiels, ainsi que les transferts en espèces à usages multiples lorsque les marchés et les conditions opérationnelles le permettent. L’objectif est de prévenir les ruptures d’assistance et de maintenir la capacité des partenaires à répondre rapidement et à l’échelle.
La troisième allocation, d’un montant de 38,3 millions de dollars, cible les besoins critiques qui demeurent insuffisamment couverts malgré les allocations précédentes, les financements du CERF et des autres ressources disponibles.
La combinaison de financements américains et d’autres ressources permet de répondre de manière complémentaire aux besoins humanitaires les plus urgents. Aux 225 millions de dollars apportés par le gouvernement américain s’ajoutent 40,5 millions de dollars du CERF et 36 millions de dollars provenant d’autres contributions au Fonds humanitaire RDC. Au total, plus de 300 millions de dollars ont ainsi été mobilisés entre juin et septembre 2026 pour répondre aux besoins humanitaires les plus critiques, y compris ceux liés à l’épidémie de MVE.
La localisation de la réponse humanitaire demeure une priorité. Les organisations nationales et locales connaissent le contexte, sont présentes avant, pendant et après les crises, et accèdent à des zones souvent hors de portée des autres acteurs. Le FH RDC continuera de soutenir leur participation directe et significative, tout en maintenant les mêmes exigences de qualité, de performance, de gestion des risques et de redevabilité qu’à l’ensemble de ses partenaires.
Une mobilisation de ressources d’une telle ampleur appelle une exigence équivalente en matière de gestion des risques, de transparence et de redevabilité. Cette redevabilité est due, en premier lieu, aux populations affectées. Leur sécurité, leur dignité et leurs priorités doivent guider nos décisions et la mise en œuvre de l’assistance. J’attends de chaque partenaire qu’il garantisse un accès sûr, équitable et inclusif aux services et qu’il renforce les mécanismes de participation, de retour d’information et de prévention de l’exploitation et des abus sexuels.
Cette contribution des fonds communs gérés par OCHA, aussi importante soit-elle, ne couvre qu’une part des besoins : l’HNRP 2026 révisé n’est financé qu’à hauteur de 48%.
“Tout en remerciant les bailleurs qui contribuent déjà à la réponse humanitaire en RDC, ainsi que ceux qui soutiennent d’autres fonds communs gérés par OCHA, j’encourage ceux qui ne contribuent pas encore au FH RDC à envisager de rejoindre et de renforcer cette mobilisation collective. Le FH RDC a démontré sa capacité à transformer rapidement les financements reçus en assistance concrète, y compris dans les zones les plus difficiles d’accès.
Le succès de ces allocations ne se mesurera pas au volume des ressources engagées, mais aux vies sauvées, aux souffrances atténuées et à notre capacité collective à atteindre rapidement et de manière responsable les populations qui en ont le plus besoin.
Coordonnateur Humanitaire en République démocratique du Congo
