Germain Kambinga réitère son soutien en faveur des institutions de la République. Pour lui, la défense de l’intérêt supérieur de la Nation constitue un impératif face à la crise sécuritaire alarmante qui secoue la partie Est de la RD Congo, suite à la persistance de l’agression rwandaise. Après avoir analysé les principaux contours de la marche organisée mardi dernier à Kinshasa et dans quelques provinces par la Coalition Article 64, le Visionnaire du Mouvement Centriste Congolais a livré une lecture politique dépassionnée. Dans une réflexion publiée hier, mercredi 16 septembre 2026, l’ancien Ministre de l’Industrie souligne le rôle fondamental de la démocratie dans la construction d’un Etat solide et tourné vers les idéaux de justice, de paix et de stabilité. Avec fermeté, Germain Kambinga dénonce une tentative de détournement de la souveraineté populaire, fustigeant une convergence dangereuse d’ambitions entre une opposition en larmes et une autre opposition en armes autour de l’ordre constitutionnel national. Ci-dessous, le point de vue de Germain Kambinga Katomba.
MARCHE DU 15 SEPTEMBRE : LE CENTRE INVITE L’OPPOSITION en ARMES et l’OPPOSITION en LARME À SORTIR DU « TSHISEKEDI DOIT PARTIR » POUR REVENIR AU PEUPLE
La marche organisée le 15 septembre 2026 par une partie de l’opposition congolaise contre le projet de changement de la Constitution et pour exiger le départ du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, appelle une lecture politique dépassionnée. Pour Le Centre, il ne s’agit nullement de contester à l’opposition son droit de manifester, de critiquer ou de proposer une autre vision de la République. Ce droit appartient à toute démocratie.
La véritable question est cependant ailleurs :
Que propose-t-elle au peuple congolais ?
Car, au-delà des slogans, des marches et des menaces de nouvelles mobilisations, quelle est la trajectoire alternative proposée à la République démocratique du Congo ?
Quelle nouvelle architecture institutionnelle ?
Quel projet économique ?
Quelle vision de la sécurité nationale ?
Quelle réponse à la crise dans l’Est ?
Quelle politique sociale ?
Quelle réforme de l’État ?
Quelle stratégie pour les générations futures ?
Et surtout : quel projet de société est proposé aux Congolais ?
UNE MOBILISATION QUI INTERROGE
Le Centre observe que la mobilisation du 15 septembre, au regard des ambitions affichées par ses organisateurs, n’a pas produit le rapport de force politique qu’ils annonçaient.
Il ne s’agit pas de nier la réalité de la manifestation ni le droit de ceux qui y ont participé à exprimer leur opposition.
Mais une question demeure :
Combien de temps une opposition politique peut-elle prétendre transformer des slogans en projet politique sans parvenir à élargir significativement son audience populaire ?
Pour Le Centre, cette faiblesse de mobilisation devrait conduire l’opposition à une remise en question stratégique.
Car lorsque l’on demande au peuple de descendre dans la rue, encore faut-il être capable de lui dire où on veut l’emmener.
Or, depuis plusieurs mois, le discours d’une partie de l’opposition semble se résumer à une équation extrêmement courte :
« Tshisekedi doit partir. »
Mais après ?
C’est précisément là que commence le véritable débat politique.
« TSHISEKEDI DOIT PARTIR » N’EST PAS UN PROJET DE SOCIÉTÉ
Le Centre considère qu’une démocratie mature ne peut pas être réduite à la désignation d’un homme comme unique problème national.
Un Président peut être contesté.
Une politique peut être combattue.
Une Constitution peut être critiquée.
Une majorité peut être combattue dans les urnes.
Mais une opposition politique doit également être capable de dire ce qu’elle ferait différemment si elle arrivait aux responsabilités.
Dire uniquement « Tshisekedi doit partir » ne constitue ni une doctrine politique, ni un programme gouvernemental, ni une trajectoire nationale.
Le départ d’un Président n’est pas une politique publique.
Le remplacement d’un homme n’est pas nécessairement un changement de système.
Et la conquête du pouvoir ne peut pas constituer à elle seule une vision de la République.
Le peuple congolais mérite mieux qu’une alternance de personnes : il mérite une alternative de projet.
UNE OPPOSITION EN ARMES, UNE OPPOSITION EN LARMES : LA CONVERGENCE PARALLÈLE DES INTÉRÊTS
Le Centre voit également se dessiner une étrange convergence.
D’un côté, il existe une opposition politique qui revendique le pouvoir par la mobilisation et la contestation.
De l’autre, une opposition en armes ou des forces politico-militaires qui contestent l’ordre institutionnel par les armes.
Les trajectoires sont différentes.
Les moyens sont différents.
Les responsabilités ne sont pas les mêmes.
Mais il existe parfois une convergence de discours autour de la remise en cause de l’ordre institutionnel.
C’est cette situation que Le Centre désigne comme une convergence parallèle d’intérêts entre une opposition en armes et une opposition en larmes.
L’une prétend changer le Congo par la force.
L’autre prétend pouvoir provoquer par la rue un basculement institutionnel.
Et toutes deux risquent, chacune à leur manière, de contribuer à un même résultat : faire passer au second plan celui qui devrait rester au centre de tout processus politique : le peuple congolais.
Le danger serait alors de voir certains acteurs politiques s’arroger le droit de décider à la place du souverain primaire.
Ce serait, pour reprendre la terminologie du Centre, un hold-up sur la souveraineté du peuple.
LE PEUPLE N’A PAS BESOIN D’ÊTRE REMPLACÉ : IL DOIT ÊTRE CONSULTÉ
C’est précisément sur ce point que Germain Kambinga maintient une position constante.
Pour Le Centre, le changement de la Constitution est avant tout un débat de société.
Et dans une République démocratique, un débat aussi fondamental ne peut trouver sa véritable légitimité que dans l’expression du souverain primaire.
C’est au peuple de décider.
Si le peuple congolais considère que la Constitution actuelle doit être maintenue, qu’il le dise.
S’il estime qu’elle doit être réformée, qu’il le dise également.
Si certaines dispositions doivent être conservées et d’autres modifiées, que le débat soit organisé.
Mais dans tous les cas, la décision finale ne peut appartenir ni à la majorité présidentielle, ni à l’opposition, ni aux organisations religieuses, ni aux organisations de la société civile, ni aux états-majors politiques.
Elle appartient au peuple.
LE CHANTAGE POLITIQUE NE REMPLACE PAS LA LÉGITIMITÉ POPULAIRE
Le Centre estime également que la multiplication des menaces de paralysie, de manifestations ou de nouvelles actions de rue ne saurait constituer un substitut à la légitimité populaire.
Lorsqu’une opposition sait qu’elle ne dispose pas des leviers institutionnels pour empêcher un processus constitutionnel, la stratégie du blocage et du chantage ne peut tenir lieu de projet politique.
Le chantage politique ne peut pas devenir un mode de décision constitutionnelle.
Une Constitution ne doit pas être changée parce qu’un camp est suffisamment puissant pour l’imposer.
Elle ne doit pas davantage être maintenue parce qu’un autre camp est suffisamment bruyant pour l’empêcher.
Dans les deux cas, ce serait confisquer le pouvoir du peuple.
LE DIALOGUE : POUR QUOI FAIRE ?
C’est également pourquoi Le Centre regarde avec intérêt l’appel au dialogue lancé par le Président de la République.
Mais pour Le Centre, un dialogue ne peut pas être une simple table de partage de pouvoir entre responsables politiques.
Le dialogue doit avoir une finalité :
Permettre au peuple de décider, et non décider à sa place.
C’est là que se trouve la cohérence de la philosophie du Centre.
Le dialogue peut permettre de confronter les visions.
La concertation peut permettre de rapprocher les positions.
Le débat national peut permettre d’éclairer les citoyens.
Mais la décision souveraine doit revenir au peuple.
Cette démarche correspond à la philosophie politique défendue par Germain Kambinga et Le Centre : placer le citoyen au cœur des choix qui engagent l’avenir de la Nation.
LE CENTRE DIT À L’OPPOSITION : CHANGEZ DE PERSPECTIVE
Le Centre invite donc l’opposition congolaise à sortir d’une stratégie exclusivement construite autour du rejet du Président de la République.
Le peuple congolais ne demande pas seulement :
« Qui doit partir ? »
Il demande surtout :
« Où voulez-vous nous conduire ? »
Voilà la vraie question.
La RDC a besoin d’une opposition capable de présenter un projet alternatif complet, chiffré, institutionnellement cohérent et susceptible d’être soumis au jugement des citoyens.
Une opposition qui ne se définit que par ce qu’elle refuse finit par ne plus savoir ce qu’elle propose.
Et une politique fondée uniquement sur le rejet d’un homme risque de transformer l’alternance en simple changement de bénéficiaires du pouvoir. Le Centre refuse cette conception de la politique.
LE PEUPLE AU CENTRE
Depuis sa création, Le Centre revendique une philosophie politique dont la pierre angulaire est précisément celle-ci :
LE PEUPLE EST AU CENTRE.
Ce principe impose une conséquence simple :
Ni Tshisekedi.
Ni l’opposition.
Ni Le Centre.
Ni aucune formation politique.
Personne ne peut décider à la place du peuple de l’avenir constitutionnel de la République.
C’est au peuple de trancher.
C’est au peuple de choisir.
C’est au peuple de valider ou de rejeter.
C’est au peuple de sanctionner les responsables politiques lorsqu’il le juge nécessaire.
Et c’est au peuple, finalement, de décider de la trajectoire de la Nation.
Voilà pourquoi Le Centre considère que la bataille politique actuelle ne doit pas être celle des états-majors pour savoir qui occupera le fauteuil présidentiel.
Elle doit être celle des idées pour savoir quel Congo nous voulons construire.
Le Centre appelle donc la classe politique congolaise à passer de la politique du « contre » à la politique du « pour ».
Pour un projet.
Pour une vision.
Pour des institutions adaptées aux réalités congolaises.
Pour une économie capable de créer des emplois.
Pour une République capable de défendre son territoire.
Pour une démocratie dans laquelle le peuple exerce réellement sa souveraineté.
Car, au-delà des hommes et des partis, une seule question doit finalement demeurer :
QU’EST-CE QUE LE PEUPLE CONGOLAIS VEUT POUR SON AVENIR ?
Le peuple est au Centre.
