La formation des opérateurs cartographes dans le cadre du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2) a débuté officiellement le mercredi 9 septembre 2026 à Kinshasa. Sous la supervision technique du Bureau Central du Recensement (BCR), cette session s’est ouverte simultanément dans 35 sites de formation répartis à travers les quatre districts de la capitale : Lukunga, Tshangu, Mont-Amba et Funa. Durant quatre jours, 1 868 agents recrutés par le Ministère du Plan, avec l’appui de l’UNFPA, bénéficient d’une mise à niveau approfondie. Ce programme couvre l’utilisation des outils numériques géospatiaux, les méthodologies de collecte de données et les procédures de déploiement sur le terrain.
La cartographie censitaire consiste à identifier et localiser les espaces habités, les axes routiers et les infrastructures, ainsi qu’à confirmer les aires de dénombrement qui permettront de répartir les zones d’intervention des futurs agents recenseurs.
Mobilisation au site Tata Raphaël
Au site du stade Tata Raphaël, situé dans la commune de Kalamu, les travaux se déroulent avec une rigueur exemplaire. Pascal Matabaro, superviseur et chef de brigade, a souligné la qualité de la participation et la discipline des candidats. Il a profité de l’occasion pour exhorter la population à réserver un accueil favorable aux équipes, rappelant que ce recensement constitue un outil stratégique essentiel pour la planification et l’orientation des politiques publiques en République démocratique du Congo.
« La formation d’aujourd’hui est très technique. A la fin, il y aura une évaluation. Après, il y aura une liste définitive des opérateurs cartographes qui sera publiée et sur laquelle seront basées les autres étapes qui suivront, notamment la préparation et le déploiement sur terrain pour collecter les informations relatives à la cartographie », a-t-il indiqué. A
Pascal Matabaro a également exprimé sa gratitude envers le Gouvernement et ses partenaires pour la mobilisation des moyens nécessaires à la concrétisation du RGPH-2, une étape décisive pour le développement socio-économique de la nation.
« Nous remercions le BCR qui nous a fait confiance et les partenaires. Nous appelons la population à nous faire confiance. Ce que nous sommes en train de faire est un service que nous rendons au pays. Il y a quarante-deux ans, on n’avait pas organisé de recensement. Grâce à la volonté du Chef de l’Etat, dans sa vision de développement pour le pays, il a compris qu’il était nécessaire de faire un recensement général de la population et de l’habitat. C’est nous qui sommes bénéficiaires de cette opération », a-t-il rappelé, avec conviction.
Opération d’envergure nationale
La cartographie censitaire revêt une grande importance dans le cadre de la phase préparatoire du RGPH-2, parallèlement à la sensibilisation que mène le Gouvernement, à travers le Ministère du Plan. À l’issue de la formation lancée ce mercredi 9 septembre, les agents cartographes descendront sur le terrain à partir du 15 septembre 2026. Les opérations débuteront à Kinshasa et s’étaleront sur environ un mois, avant de se poursuivre progressivement dans les autres provinces. Ces travaux permettront de constituer une base cartographique fiable en préparation du dénombrement général prévu en juillet 2027.
Au-delà de son importance statistique et de planification, le RGPH-2 constitue également une importante opération génératrice d’emplois. Déployées sur environ une année, ses différentes opérations mobiliseront une centaine de milliers de personnes à travers le pays et permettront la création de près de 160 000 emplois directs, auxquels s’ajouteront de nombreux emplois indirects dans la logistique, le transport, la formation, la restauration, les services numériques et d’autres activités connexes. Le démarrage de cette formation marque une nouvelle étape dans les préparatifs du RGPH-2, qui vise à doter la République démocratique du Congo de données fiables pour une meilleure planification du développement et une prise de décision adaptée aux besoins des populations.
L’UNFPA contre les abus sexuels dans le RGPH-2
Partenaire majeur du processus censitaire, le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) place la prévention de l’exploitation et des abus sexuels au cœur de son accompagnement du RGPH-2. L’objectif est clair : prévenir tout comportement susceptible de porter atteinte à l’intégrité des personnes impliquées ou rencontrées au cours des différentes étapes du recensement.
Cet engagement prend une importance particulière au regard de l’ampleur de l’opération. Le RGPH-2 mobilisera un nombre important d’agents sur le terrain, appelés à entrer en contact avec des millions de personnes à travers les différentes provinces du pays. Une proximité qui exige des règles strictes de conduite, de prévention, de signalement et de prise en charge des éventuels incidents.
Dans cette dynamique, l’engagement de l’UNFPA est soutenu par Francesca Paola, Coordonnatrice principale inter-agence chargée de la prévention de l’exploitation et des abus sexuels (PEAS). S’adressant à la presse, au terme de la journée inaugurale de la formation des cartographes, au siège de l’UNFPA, à la Gombe, elle a expliqué que son implication traduit la volonté du système des Nations unies de renforcer les mécanismes de prévention et de faire de la tolérance zéro face aux abus une exigence concrète sur le terrain.
Pour les acteurs engagés dans le RGPH-2, la sensibilisation à la PEAS ne doit donc pas être considérée comme une démarche accessoire. Elle doit accompagner la préparation des équipes, leur déploiement et leur comportement au contact des populations.
Le principe est simple : aucune activité de développement ou de collecte de données ne peut se faire au détriment des droits, de la sécurité et de la dignité des populations.
La Pros.
