A l’occasion d’une rencontre internationale à Paris, la Ministre d’État à l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté de la République Démocratique du Congo, Raïssa Malu, a exposé sa vision stratégique pour l’introduction de l’Intelligence Artificielle (IA) dans le système éducatif congolais.
Alors que le monde fait face à une accélération technologique sans précédent, la République Démocratique du Congo entend ne pas rester en marge de la révolution numérique. En déplacement à Paris, Raïssa Malu, figure de proue de l’éducation en RDC, a défendu une approche pragmatique et structurée de l’Intelligence Artificielle au sein des salles de classe.
Une intégration par étapes
Loin d’une adoption précipitée, la Ministre d’État prône une « intégration progressive ». Selon elle, le succès de cette transition repose sur trois piliers fondamentaux :
- L’apprentissage des technologies : Familiariser les élèves et les enseignants avec les outils numériques dès le plus jeune âge.
- Un usage encadré : Définir des règles claires pour éviter les dérives liées à l’utilisation de l’IA.
- L’autonomisation des élèves : Faire de l’IA un levier pour développer l’esprit critique et l’indépendance des apprenants, plutôt qu’une béquille technologique.
Les quatre « garanties » de Raïssa Malu
Consciente des risques éthiques et techniques que soulève l’IA, la Ministre a insisté sur la mise en place de quatre garde-fous essentiels pour protéger la jeunesse congolaise :
- La protection des données : Assurer la confidentialité des informations personnelles des élèves et des enseignants.
- Un accès adapté à l’âge : Veiller à ce que les outils utilisés soient en adéquation avec le niveau de maturité et de développement cognitif de chaque enfant.
- Des contenus sécurisés : Filtrer les informations pour garantir que les ressources pédagogiques générées par l’IA soient fiables et exemptes de contenus inappropriés.
- L’enseignant au cœur du système : C’est sans doute le point le plus crucial de son intervention. Raïssa Malu a réaffirmé que l’IA ne doit en aucun cas remplacer l’humain. L’enseignant doit rester le maître d’œuvre des décisions pédagogiques et le guide principal de l’élève.
Un enjeu de souveraineté numérique
Cette prise de position s’inscrit dans une volonté plus large de moderniser le système éducatif de la RDC. En encadrant l’usage de l’IA, le ministère de l’Éducation nationale souhaite préparer les générations futures aux métiers de demain tout en préservant les valeurs humaines et sociales propres à la culture congolaise.
Pour les observateurs, cette sortie médiatique à Paris marque une étape importante : la RDC ne se contente plus de subir les innovations technologiques, elle cherche désormais à les piloter pour en faire un véritable moteur de développement.
César Nkangulu
