Jeudi 04 septembre 2026 à Kinshasa, c’est un véritable coup de tonnerre politique qui a secoué la capitale politique de la République démocratique du Congo. Après deux semaines d’absence, le Sénateur Professeur Modeste Bahati Lukwebo, figure emblématique de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A), a regagné la capitale par l’aéroport international de N’Djili. Son retour, très attendu, a pris des allures de marche triomphale, réduisant au silence ses détracteurs et mettant en échec les manœuvres de ceux qui espéraient lui ravir son parti.
Une marée humaine pour un retour en force
L’accueil réservé à l’autorité morale de l’AFDC-A fut à la hauteur de l’enjeu. Une foule immense, composée de militants, de cadres et de sympathisants, s’était massée sur le tarmac et aux abords de l’aéroport pour lui témoigner son soutien indéfectible. Cette marée humaine a envoyé un signal fort à ses adversaires : la base reste fidèle à son leader et rejette les velléités de division orchestrées par une poignée de frondeurs.
Un patriarche visé par des accusations ‘’fabriquées de toutes pièces’’
L’absence de Bahati Lukwebo à Kabare, sa base naturelle, durant cette période de vacance parlementaire, avait nourri toutes les spéculations. Ses ennemis politiques ont cru un moment à une fuite, une manœuvre pour esquiver la pression grandissante au sein de l’Union sacrée de la Nation.
Certains n’ont pas hésité à l’accuser d’incompétence dans l’exercice de ses fonctions au Sénat, allant jusqu’à initier une pétition contre lui. Des accusations qu’il a toujours rejetées, les qualifiant de « cabale » et de « complot » ourdi par des caciques de la majorité présidentielle.
Le sénateur a également dû faire face à des rumeurs infondées circulant sur les réseaux sociaux, notamment celle d’une prétendue arrestation, démentie formellement par son parti et par l’Agence Congolaise de Presse. Malgré ces vents contraires, Bahati Lukwebo est resté droit dans ses bottes, démissionnant de son poste de deuxième vice-président du Sénat pour « préserver la sérénité de l’institution » tout en clamant son innocence et sa loyauté.
« Il faudra d’abord marcher sur mon cadavre »
Devant ses partisans, le patriarche de Kabare a retrouvé toute sa superbe et son verbe haut. Il a lancé un avertissement sans équivoque à ses détracteurs internes, en tête desquels figurent Clovis Otto Bahizi et Munyomo, accusés de vouloir s’approprier le parti alors qu’ils en auraient déjà été exclus.
« Tous ceux qui prétendent me ravir mon AFDC doivent avant tout marcher sur mon cadavre », a-t-il martelé, avant d’ajouter : « Je me battrai jusqu’à mon dernier souffle ». Cette déclaration, ferme et déterminée, visait à couper l’herbe sous le pied des « frondeurs » qui, selon des sources proches du parti, auraient été « sous-traités à coups de billets verts » pour déstabiliser la formation politique.
L’AFDC, un parti historique, une propriété intellectuelle
Bahati Lukwebo a également tenu à rappeler l’histoire de son parti, soulignant que l’AFDC, à l’image de formations politiques historiques comme l’UNC de Vital Kamerhe, le MLC de Jean-Pierre Bemba, le PALU d’Antoine Gizenga, l’UDPS d’Étienne Tshisekedi ou encore le PPRD/FCC de Joseph Kabila, le MPR du Maréchal Mobutu Sese Seko Kuku Gbendu wa Zabanga est le fruit d’années de sacrifices intellectuels, matériels et financiers.
Il a ironiquement invité ses détracteurs à fonder leur propre parti politique s’ils en avaient les moyens, les défiant de construire un patrimoine politique comparable. « La République démocratique du Congo reste une terre fertile politiquement », a-t-il lancé, en guise de pied de nez à ceux qui s’accrochent désespérément à sa tunique. Son message est clair : l’AFDC n’est pas une coquille vide à conquérir, c’est une œuvre personnelle qui ne s’usurpe pas.
Une menace politique qui se précise pour Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi ?
Au-delà de la bataille interne pour le contrôle de l’AFDC, le retour du Sénateur Professeur Bahati Lukwebo intervient dans un contexte politique plus large. Le sénateur s’est vu attribuer les propos sortis de son contexte. Il a été accusé à tort prétendument du fait de sa prise de position tranchée contre toute prolongation du mandat présidentiel par révision constitutionnelle, une position fabriquée de toute pièce et qui l’aurais mis en porte-à-faux avec la ligne officielle de l’Union sacrée de la Nation.
Certains analystes y voient une « fracture stratégique » avec le Chef de l’État, Félix A toine Tshilombo Tshisekedi, et une possible recomposition des alliances politiques dans les mois à venir.
En ce sens, sa rentrée triomphale et son refus de plier face aux pressions pourraient bien redessiner les équilibres politiques en RDC, alors que les spéculations sur l’avenir politique du pays vont bon train.
Au sein de l’Union sacrée, Modeste Bahati Lukwebo reste un pion majeur sur la scène politique dont la moisson législative ne nécessite aucun commentaire contrairement aux frondeurs et leurs parrains dont leurs formations politiques n’existent que nom.
Sitôt rentrée à Kinshasa, le Professeur Sénateur Bahati Lukwebo s’est envolé pour Séoul en Corée du Sud pour participer à la Conférence Internationale des Partis politiques d’Asie et d’Afrique.
La question demeure : Pourquoi n’a-t-on pas invité les frondeurs et leurs parrains à cette conférence ?
Pius Romain Rolland,
La Main de Dieu
