Depuis plusieurs décennies, la Francophonie s’est imposée comme un espace de dialogue, de solidarité, de promotion de la langue française, de la diversité culturelle, de la démocratie et de la coopération. Ces acquis sont précieux. Ils constituent le socle de notre communauté de destin.
Mais le monde change. Les aspirations des peuples évoluent. Aujourd’hui, les jeunes, les entrepreneurs, les chercheurs, les artistes et les investisseurs attendent de la Francophonie qu’elle soit aussi un moteur de développement économique et d’opportunités.
La langue française ne s’épanouira durablement que si elle est également perçue comme une langue de l’innovation, de l’entreprise, de l’investissement, de la recherche, du numérique et de la création de richesses. Une langue qui ouvre des marchés, facilite les partenariats et crée des emplois est une langue qui inspire, rassemble et attire.
L’Organisation internationale de la Francophonie dispose d’un potentiel exceptionnel : un espace couvrant plusieurs continents, une population jeune, des ressources naturelles considérables, un vivier de talents, des universités de qualité et un secteur privé en pleine évolution. Ce potentiel doit désormais être davantage mobilisé au service de la prospérité commune.
Il est temps de bâtir une Francophonie économique plus ambitieuse. Cela suppose de renforcer les échanges commerciaux entre les États membres, d’encourager les investissements intra-francophones, de soutenir les petites et moyennes entreprises, de faciliter la mobilité des entrepreneurs, des chercheurs et des étudiants, et de promouvoir l’économie numérique ainsi que l’innovation.
Une telle ambition ne remet nullement en cause les missions historiques de la Francophonie. Au contraire, elle leur donne une nouvelle dimension. Une langue se diffuse davantage lorsqu’elle est porteuse d’opportunités. Une culture rayonne davantage lorsqu’elle s’appuie sur une économie dynamique. La diversité culturelle se renforce lorsque les créateurs disposent de moyens pour produire, innover et exporter leurs œuvres.
La Francophonie du XXIᵉ siècle ne peut plus être uniquement un espace de dialogue politique et culturel. Elle doit devenir un espace de création de richesses partagées, d’intégration économique, de solidarité entrepreneuriale et d’innovation. Les valeurs et l’économie ne s’opposent pas : elles se renforcent mutuellement.
Faire de la Francophonie un levier de prospérité, c’est offrir à sa jeunesse des raisons d’apprendre le français, d’y entreprendre et d’y construire son avenir. C’est démontrer que notre langue commune est non seulement un patrimoine à préserver, mais aussi un formidable instrument de développement.
L’avenir de la Francophonie se jouera autant dans les écoles que dans les entreprises, les centres de recherche, les incubateurs, les universités, les exploitations agricoles, les industries créatives et les plateformes numériques. C’est en créant davantage de valeur, davantage d’emplois et davantage d’opportunités que nous renforcerons durablement l’attractivité de la langue française.
La Francophonie a désormais rendez-vous avec son destin économique. En faisant de la prospérité partagée un pilier de son action, elle donnera un nouvel élan à son projet politique, culturel et humain, au bénéfice de plus de 300 millions de francophones aujourd’hui et de ceux qui feront vivre cette communauté demain.
Le candidat ou la candidate qui saura convaincre les États et gouvernements membres de l’Organisation internationale de la Francophonie de sa capacité à faire de la Francophonie un véritable espace de prospérité partagée, où la langue française est aussi un levier de création de richesses, d’innovation et d’opportunités, sera celui ou celle qui gagnera la confiance et l’adhésion des chefs d’État et de gouvernement lors du Sommet de novembre prochain.
La Francophonie a besoin d’une vision qui dépasse les discours et qui démontre que la langue française peut être à la fois un vecteur de culture, de solidarité et un puissant moteur de développement économique. C’est cette ambition qui peut fédérer les États membres autour d’un projet d’avenir commun.
Isidore Kwandja Ngembo
Directeur honoraire des IXes Jeux de la Francophonie
