Le Bureau de la Banque Mondiale en République Démocratique du Congo a organisé, ce jeudi 2 juillet 2026, un café de presse riche en annonces. Face aux professionnels des médias, Albert Zeufack, Directeur des opérations de la Banque Mondiale pour l’Angola, le Burundi, la RDC et Sao Tomé-et-Principe, a fait le point sur un partenariat en pleine expansion, marqué par un engagement financier colossal de près de 8 milliards de dollars américains répartis sur 24 projets.
Accompagné des experts en santé, les Docteurs Michel Muvudi et Adama Traore, Albert Zeufack a d’emblée mis l’accent sur la réactivité de l’institution face aux crises. Dans une approche dite systémique, la Banque Mondiale permet désormais au gouvernement congolais de mobiliser instantanément jusqu’à 10 % de son portefeuille global en cas d’urgence majeure, qu’elle soit sanitaire ou liée au changement climatique.
La riposte contre Ebola au cœur des priorités
L’actualité sanitaire, dominée par l’épidémie d’Ebola, a occupé une place centrale dans les échanges. Grâce à un projet spécifique de 250 millions de dollars, approuvé en 2024 et opérationnel depuis février 2025, la RDC dispose des ressources nécessaires pour une riposte immédiate.
« La deuxième approche que nous avons, c’est que dans le cas de la RDC, étant donnée la fréquence des urgences, surtout des urgences sanitaires, nous avons conçu un projet spécialisé pour cela. Un projet d’urgence, un projet de préparation aux urgences sanitaires. Ce projet de 250 millions de dollars qui a été approuvé par le conseil d’administration de la Banque mondiale en 2024, est entré en vigueur en février 2025. Et donc, ces ressources étaient disponibles, sont disponibles pour le gouvernement congolais pour la riposte Ebola. Le projet a été conçu spécifiquement pour ça. Donc, à travers l’unité de gestion de ce projet d’urgence sanitaire, la Banque mondiale accompagne le gouvernement pour définir cette réponse et ensuite la déployer sur le terrain. », a précisé Albert Zeufack.
Énergie, Routes et Éducation
Au-delà de l’urgence, la Banque Mondiale investit dans le long terme. Le portefeuille actuel se décline en trois piliers stratégiques :
- L’Éducation : Elle absorbe 22 % des financements, signe de la volonté de l’institution d’investir dans le capital humain congolais.
- Les Infrastructures : L’accent est mis sur la connectivité nationale, avec notamment le financement de l’autoroute Mbuji-Mayi-Bukavu et les projets de transformation numérique.
- L’Énergie : Avec 11 % du portefeuille, l’objectif est de faire passer le taux d’accès à l’électricité de 21 % à 60 % d’ici 2030 à travers des programmes comme le M300 et le projet AGREE.
Le Directeur des opérations n’a pas occulté les défis sécuritaires. Albert Zeufack a exprimé son optimisme quant à une amélioration prochaine de la situation sécuritaire pour relancer les projets en souffrance dans certaines zones de l’Est, en raison des conflits.
« La mise en œuvre de ce portefeuille a été, il faut le reconnaître, freinée par le conflit à l’Est, où nous avions beaucoup de projets, et où nous avons dû temporairement suspendre nos activités en raison des problèmes de sécurité. Nous espérons donc que dans les mois qui viennent, la situation du conflit pourra s’améliorer pour nous permettre de relancer et de continuer à mettre en œuvre ces projets dans les provinces de l’Est. Nous espérons aussi que la crises Ebola soit contenue, et que l’on puisse tous travailler pour donner plus de services aux populations. », a-t-il déclaré.
Un investissement de 300 millions USD pour la jeunesse
Pour clore ce tour d’horizon, le Directeur des opérations régionales a annoncé l’approbation d’un projet de 300 millions de dollars dédié aux compétences techniques. Ce financement vise à préparer la jeunesse congolaise aux emplois de demain dans les secteurs porteurs de la construction et de l’hydroélectricité, garantissant ainsi que la transformation économique de la RDC profite directement à ses citoyens.
Avec une telle feuille de route, la Banque Mondiale réaffirme sa position de partenaire stratégique de premier plan pour le développement durable et la résilience de la République Démocratique du Congo.
Nathan Mundele
