Après les incidents à la base des pertes en vies humaines et des dégâts matériels importants le 29 et 30 janvier 2024 à Kimpese, une commission interministérielle instituée à la demande du Président de République au Premier Ministre, Jean Michel Sama Lukonde Kyenge a été mise en place. Elle s’est réunie pendant trois jours, du 1er au 3 février 2024, avec les autorités politico-administratives et les forces vives de la Cité de Kimpese dans le territoire de Songololo dans la province du Kongo Central. Objectif : s’enquérir de toute situation.
Ces évènements malheureux ont causé d’après les échanges de la commission avec les forces vives, visites des victimes à l’hôpital IME de Kimpese et descente sur les différents sites des évènements, la mort de sept personnes dont quatre civils et trois policiers. A cette occasion, cette commission a présenté au nom du Chef de l’Etat et du Chef du gouvernement, leurs condoléances les plus attristées aux familles éprouvées.
En plus de ces pertes en vies humaines, il a encore été enregistré 19 blessés dont 4 policiers et 15 civils qui poursuivent leurs soins dans les formations médicales de Kimpese où cette commission leur a rendu une visite de réconfort samedi 3 Février dernier et leur a exprimé toute la compassion de la République. Vu la gravité de ces évènements, cette commission a salué les mesures conservatoires urgentes prises après ces incidents. Il s’agit notamment de l’instauration du couvre-feu allant de 20h à 6 heures du matin et de la patrouille mixte FARDC et PNC.
De ce qui précède, cette commission a fait un constat amer de quelques points saillants ayant conduit à ces atrocités dont : l’absence de coordination du point de vue sécuritaire par les autorités politico-administratives provinciales ; déficit de collaboration entre les services de sécurité et les autorités politico-Administratives ; la passivité et le manque d’anticipation de l’Autorité provinciale ; l’absence de toute initiative de répression des auteurs des crimes ci-décriés par le Parquet( civil comme militaire), la surfacturation forfaitaire par la SNEL et la REGIDESO des consommations domestiques ; fermeture depuis douze ans de la cimenterie nationale(CINAT), principal employeur de la population et enfin le laxisme de certains éléments de la police vis-à-vis des délinquants, ayant créé la méfiance dans le chef de la population.
Ayant failli à leur mission de sécuriser la population de ce coin du pays, d’éventuelles mesures disciplinaires ont été prises en plus de le prise en charge : la prise en charge par le Trésor public des obsèques des victimes et des soins des blessés se trouvant dans les formations médicales de Kimpese ; le rappel à l’immédiat à Kinshasa pour consultation du Gouverneur de Province du Kongo Central, de l’Administrateur du Territoire de Songololo, du commandant commissariat territorial ad intérim de Songololo pour des mesures disciplinaires par le commissariat général de la Police Nationale congolaise(PNC) ; la mise à la disposition de la justice militaire des éléments des FARDC et ceux de la PNC qui ont ouvert le feu sur la population ; le renforcement des dispositifs sécuritaires à Kimpese ; l’installation à Kimpese de l’Administrateur du Territoire Assistant chargé des questions politiques et administratives jusqu’à nouvel ordre ; la restructuration immédiate de la police du territoire de Songololo ; la nécessité de la dotation des compteurs par les Directions générales SNEL et REGIDESO à l’agence de Kimpese pour une consommation réglementaire.
Par ailleurs, cette commission a invité la population de Kimpese au calme, à la vigilance et à collaborer avec les services de sécurité pour démasquer les inciviques et leurs complices afin de les mettre hors d’état de nuire.
Doudou Cibambe
