Sous l’impulsion de son président, la Russie investit massivement dans la recherche sur la longévité. Vaincre la mort est une passion du maître du Kremlin. On connaissait déjà l’obsession de Vladimir Poutine pour son corps et sa santé. Pendant des décennies, il a aimé se présenter comme un dirigeant viril. Durant la pandémie de Covid-19, il prenait des précautions qui semblaient parfois démesurées. On se souvient notamment de la longue table à laquelle il recevait ses invités. Ce que l’on sait moins, c’est son rêve d’immortalité.
Une enquête du Wall Street Journal nous apprend que le président russe est un adepte de la cryothérapie, une pratique qui consiste à exposer brièvement le corps à des températures très basses. L’année dernière, il a également confié à son homologue chinois Xi Jinping, lors d’une conversation privée captée par un micro resté ouvert, que les êtres humains pourraient devenir immortels grâce aux transplantations d’organes.
Le rêve d’une vie éternelle se transforme en projet politique
Sous l’impulsion de Vladimir Poutine, la Russie a investi 26 milliards de dollars dans la recherche sur la longévité. Officiellement, il est question des « nouvelles technologies de préservation de la santé ». Ce programme est piloté, entre autres, par la fille aînée du président. Comment retarder la mort ? Les scientifiques russes travaillent notamment sur la bio-impression, c’est-à-dire, la production artificielle de tissus, voire d’organes. Ils explorent aussi des thérapies génétiques destinées à ralentir le vieillissement cellulaire. Autre piste : faire pousser des organes humains dans des cochons nains. L’objectif affiché est de pouvoir remplacer certaines parties du corps d’ici à 2030.
Ce projet n’est donc pas uniquement centré sur la santé de Vladimir Poutine ; il s’inscrit plus largement dans une politique démographique. Comme dans beaucoup d’autres pays, la natalité recule en Russie. À cela s’ajoute un taux de mortalité parmi les plus élevés du monde. Un homme russe peut espérer vivre en moyenne 68 ans, soit douze ans de moins qu’un Français, par exemple. Ce déclin démographique inquiète beaucoup Vladimir Poutine. Sans parler du fait que la guerre en Ukraine a déjà coûté la vie à des centaines de milliers de personnes et poussé plus d’un million d’habitants à quitter le pays.
Des recherches opaques
Pour l’instant, nous avons peu d’informations sur l’efficacité de ces efforts scientifiques pour ralentir le vieillissement. Les recherches restent assez opaques, contrairement à ce qui se fait aux États-Unis, où de nombreux milliardaires de la tech rêvent eux aussi de l’éternelle jeunesse. Peter Thiel, Sam Altman ou Jeff Bezos investissent des millions de dollars dans la recherche sur la longévité, un secteur économique en plein boom. Mais contrairement à ce qui se passe en Russie, il s’agit essentiellement de projets individuels portés par une petite élite qui, après avoir transformé notre manière de consommer et de communiquer, rêve désormais de repousser les limites biologiques de l’être humain.
RFI
