Invité de l’émission « Le Débat » sur les antennes de la radio Top Congo ce lundi 29 septembre 2025, le Ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, a livré un exposé complet sur la stratégie économique du Gouvernement Suminwa. De la maîtrise de l’inflation à la relance des investissements publics, en passant par le financement de projets d’infrastructures majeurs, l’Argentier National a expliqué comment la discipline et une vision claire permettent de traduire la croissance économique en améliorations concrètes pour la population.
Une économie robuste et résiliente
D’entrée de jeu, le Ministre des Finances a dressé un tableau optimiste de la santé économique du pays. Il a souligné que le taux de croissance économique a atteint plus de 6,5% en 2024, dépassant les prévisions de 6% du Fonds Monétaire International.
«Aujourd’hui, nous avons une économie robuste avec un taux de croissance de plus de 6,5% en 2024, alors qu’il avait été projeté par le fonds monétaire international un taux de croissance de 6%. En comparaison avec la moyenne de l’économie subsaharienne, la nôtre est résiliente. Il faudrait donc travailler davantage afin de la transposer dans le quotidien des congolais ».
Cette performance est le fruit d’une stratégie rigoureuse mise en place dès l’arrivée du gouvernement en juin 2024 pour contrer un cadre macroéconomique jugé instable, avec un taux de change qui atteignait 2847 CDF pour un dollar et une inflation galopante.
Discipline et investissements massifs : la recette du succès
Pour inverser la tendance, le gouvernement s’est appuyé sur l’analyse des crises passées, notamment l’hyperinflation des années 1990-1991, et a identifié le manque de discipline dans la gestion des finances publiques comme une cause majeure des déséquilibres. En réponse, une politique de resserrement budgétaire a été appliquée. Cette rigueur a permis de réduire le train de vie des institutions, dégageant ainsi plus de quinze millions de dollars américains chaque mois pour le Trésor Public.
Ces marges de manœuvre ont été réorientées vers des secteurs prioritaires.
«Au premier semestre de l’année 2024, le précédent Gouvernement avait dépensé environ 360.000.000 de dollars américains pour les investissements. Au deuxième semestre, à notre arrivée, nous avons doublé cela en dépensant presque 720.000.000 de dollars américains des investissements publics en vue d’augmenter la demande ».
Parallèlement, des mesures d’allègement fiscal sur les denrées de première nécessité ont été prises pour soutenir directement le pouvoir d’achat des ménages.
Des projets d’infrastructures concrets à travers le pays
Le Ministre a insisté sur le fait que la stabilité macroéconomique n’est pas une fin en soi, mais le moyen de financer des projets visibles qui améliorent la vie des citoyens. Sur instruction du Chef de l’Etat, un vaste programme d’infrastructures a été lancé. Des chantiers routiers sont très avancés à Isiro, Mbuji-Mayi plus de 90 km, Kananga et Buta. A Bunia, en Ituri, un aéroport moderne de plus de 40 millions de dollars est en construction.
Le programme se poursuivra avec une deuxième phase qui ciblera le Grand-Bandundu (Inongo, Kikwit, Bandundu-ville), ainsi que Gemena et Mbandaka. Une troisième phase concernera le Grand-Katanga. A Kinshasa, plusieurs projets sont en cours, notamment 27 km de voirie incluant les avenues Itaga, Bokassa et Kalembelembe, ainsi que la réhabilitation des artères majeures autour du grand marché et dans les communes de N’djili et Kintambo.
Kinshasa Arena : la loi avant tout
Abordant le dossier du complexe Kinshasa Arena, dont les travaux ont pris du retard, Doudou Fwamba a fourni des explications claires. Le retard est dû à un blocage au port de conteneurs contenant du matériel essentiel. Ce blocage fait suite à une décision de l’Inspection Générale des Finances (IGF).
« Le contrat qui avait été signé pour Kinshasa arena avait des clauses d’exonération, avec la suppression de frais de douanes pour tous les matériels. Le processus de la mobilisation de recettes pour ce contrat était encadré par l’IGF, qui après son examen a constaté que le contrat était illégal.
Le Ministre a précisé que l’octroi d’une telle exonération suit une procédure stricte et ne relève pas de sa seule compétence. Le prestataire s’étant opposé au paiement des droits de douane exigés, le matériel est resté bloqué, ralentissant de fait le chantier.
En conclusion, l’intervention de l’Argentier National visait à rassurer la population sur la vision et la capacité du gouvernement à transformer l’économie. L’objectif final, a-t-il martelé, est de passer de solutions conjoncturelles à des réformes structurelles pour bâtir une offre de production locale solide et durable, garantissant ainsi que la croissance profite enfin à chaque Congolais.
Nathan Mundele
