Alors que Léon XIV entamait sa visite historique dans la capitale algérienne, un double attentat a été commis dans la ville voisine de Blida, où plusieurs autres engins auraient été désamorcés. Une première dans le pays depuis 2012.
En ce début d’après-midi pluvieux, deux attentats kamikazes ont eu lieu dans le centre-ville de Blida, à 50 km au sud d’Alger où le Pape poursuit sa visite. Les deux déflagrations sont survenues quasiment au moment où Léon XIV prononçait son discours à la Grande mosquée d’Alger. C’est le premier attentat de ce genre sur le territoire algérien depuis 2012.
« Il était environ 13 heures. J’étais à moins de 200 mètres en train de déjeuner quand j’ai entendu une première explosion, puis une deuxième, confie un témoin. Dehors, la foule était sous le choc ».
Double attentat kamikaze
« Très vite, j’ai appris qu’il s’agissait d’un double attentat kamikaze, dont l’un devant le commissariat central et l’autre à environ 500 mètres de là, poursuit la même source. Quelques minutes plus tard et alors que j’étais encore secouée de sanglots, j’ai entendu le propriétaire du restaurant décrire un homme vêtu d’une kachabia, une tenue traditionnelle marron avec capuche, qui s’est fait exploser juste devant un policier. »
Dans la foulée, les administrations et les entreprises publiques ont fermé précipitamment. Le personnel est consigné à l’intérieur, « barricadé » selon notre témoin. Plusieurs alertes à la bombe sont signalées dans la ville de Blida, notamment au niveau du marché El Rahba, immédiatement encerclé par la BRI (Brigade de recherche et d’intervention).
Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent le corps déchiqueté de l’un des kamikazes. Le deuxième serait une femme. En tout, quatre autres bombes auraient été désamorcées dans la ville de Blida, toutes ciblant des policiers et des lieux publics. Aucun bilan ni information officielle n’ont été rendus public pour le moment. Des sources parlent de quelques blessés.
Blida est la ville la plus proche d’Alger qui est, à l’occasion de la visite du pape, quadrillée par un impressionnant dispositif sécuritaire. Les spécialistes estiment que c’est sans doute cette présence policière dans la capitale qui a incité les auteurs de l’attentat – dont il ne fait guère de doute qu’il est lié à l’arrivée de Léon XIV dans le pays – à organiser leur action dans la ville voisine.
(Avec Jeune Afrique)
