ADDIS-ABEBA (Éthiopie) – Dans un contexte régional marqué par des tensions persistantes, la capitale éthiopienne a accueilli, ce lundi 22 juin 2026, la 9ème Réunion Tripartite entre la République démocratique du Congo (RDC), le Rwanda et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR). Le gouvernement congolais y a réitéré sa volonté politique de trouver des issues définitives à la tragédie des déplacements forcés.
L’heure est à la relance des mécanismes diplomatiques pour la gestion des flux migratoires et humanitaires dans la région des Grands Lacs. Présent à Addis-Abeba pour représenter le Chef de l’État Félix Tshisekedi, le Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires Coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, a porté la voix de la RDC lors de cette 9ème session de la Commission Tripartite.
Un engagement renouvelé pour des « solutions durables »
Au cœur des échanges : le sort de milliers de réfugiés vivant de part et d’autre de la frontière et les conditions de leur rapatriement volontaire, dans la dignité et la sécurité. Pour le VPM Shabani, cette réunion n’est pas une simple formalité protocolaire, mais une étape cruciale pour « poursuivre les efforts visant à trouver des solutions durables à la question des réfugiés et des déplacements forcés dans la région ».
Le Gouvernement congolais a insisté sur la nécessité de passer d’une gestion d’urgence à une stratégie de stabilisation à long terme. Cela implique non seulement le retour des populations, mais aussi leur réintégration socio-économique dans leurs milieux d’origine.
L’ombre des défis sécuritaires au Nord et Sud-Kivu
Toutefois, le tableau dressé par le représentant congolais n’a pas occulté la réalité du terrain. Dans son intervention, Jacquemain Shabani a rappelé avec insistance que la mise en œuvre de ces solutions durables se heurte à un obstacle majeur : l’insécurité.
Le Vice-Premier Ministre a pointé du doigt les « défis sécuritaires persistants » qui rongent les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Ces régions, théâtres d’activités de groupes armés et de conflits récurrents, restent les principaux foyers de déplacements internes et d’exil. Pour Kinshasa, le retour massif des réfugiés est intrinsèquement lié à la restauration de l’autorité de l’État et à la fin des hostilités dans l’Est du pays.
Le rôle pivot du HCR et le dialogue avec le Rwanda
La présence du HCR à cette table ronde souligne l’importance de la médiation internationale. L’agence onusienne joue un rôle de garant technique et juridique pour s’assurer que tout processus de rapatriement respecte les standards internationaux, notamment le principe de non-refoulement.
Le dialogue avec le Rwanda, bien que complexe au vu des relations diplomatiques actuelles, demeure indispensable pour résoudre la question des réfugiés rwandais en RDC et des réfugiés congolais au Rwanda. La Tripartite se veut être ce cadre technique capable de transcender les différends politiques pour répondre à l’urgence humanitaire.
Vers un calendrier de mise en œuvre ?
Si la réunion d’Addis-Abeba a permis de réaffirmer les principes de base, les observateurs attendent désormais des actes concrets. La RDC a clairement signifié que sa bonne volonté ne suffirait pas sans une amélioration tangible de la situation sécuritaire, appelant ainsi la communauté internationale à accentuer la pression pour une paix durable dans l’Est.
Cette 9ème réunion se clôture sur une note de détermination, mais le chemin vers le retour au foyer pour les millions de déplacés des Grands Lacs reste semé d’embûches.
César Nkangulu
