La République Démocratique du Congo a appris la signature, le mardi 20 février 2024 à Bruxelles, d’un Protocole d’entente sur les chaînes de valeur durables pour les matières premières critiques et stratégiques entre l’Union Européenne et la République du Rwanda représentées respectivement, par Madame Jutta Erpilainen, Commissaire européenne aux partenariats internationaux, et Monsieur Vincent Biruta, Ministre rwandais des Affaires Etrangères.
Tout en reconnaissant la souveraineté des parties signataires, le Gouvernement de la République Démocratique du Congo dénonce ce Protocole qui, à l’évidence, encourage le pillage des ressources naturelles congolaises par le Rwanda et contrarie les engagements de l’Union Européenne notamment, au point 26 du Communiqué conjoint de la 2ème session du Dialogue politique RDC-UE tenu à Kinshasa, les 5 et 6 octobre 2020, engagements notamment, de tirer profit de la mise en cuivre du règlement européen sur les minerais de conflit (3T et or) et les autres dispositions pertinentes, dont celles mentionnées par le Dodd-Franck Act, pour renforcer la lutte contre l’exploitation illégale des minerais originaires de la RDC…».
En effet, le sous-sol rwandais ne regorge pas de minerais critiques ct stratégiques recherches actuellement dans le monde (coltan, cobalt, lithium, niobium…).
Les enquêtes du Parlement congolais, des groupes d’experts de l’ONU et des organisations non gouvernementales nationales et internationales ont établi qu’à travers de multiples réseaux mafieux et des sociétés-écrans montées par ses dirigeants, le Rwanda tire ces minerais et autres matières premières stratégiques de la République Démocratique du Congo qui en regorge en abondance.
Dès lors, s’arranger avec le Rwanda pour développer « les chaines de valeur durable pour les matières premières critiques et stratégiques » qu’il ne possède pas, ne peut avoir pour conséquence que d’accentuer l’exploitation illicite des richesses naturelles du Congo par le Rwanda dont la prospérité est fondée sur cette activité criminelle et de ha donner davantage les moyens d’agresser la République Démocratique du Congo.
Le Gouvernement congolais considère, par conséquent, la signature du Protocole en cause, intervenue, du reste, peu de temps après la déclaration à Kigali du Chef de l’Etat de la Pologne, pays membre de I’U.E, de fournir au Rwanda des armes « en cas d’attaque extérieure », comme un acte très inamical qui n’est pas de nature à favoriser la confiance mutuelle entre la RDC et l’Union Européenne.
Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo attend des autorités de l’Union Européenne une clarification de ce comportement ambigu alors qu’elles ne cessent d’affirmer leur volonté de contribuer à la fin de la crise sécuritaire à l’Est du Congo ainsi que de l’exploitation illicite de ses richesses naturelles, et de renforcer la coopération de l’Union avec elle.
Kinshasa, le 21 février 2024
Christophe LUTUNDULA APALA PEN’APALA
Vice-Premier Ministre, Ministre des Affaires Etrangères et Francophonie