Hier, mercredi 15 juillet 2026, le Ministre d’Etat en charge du Plan et de la Coordination de l’Aide au Développement, Guylain Nyembo Mbwizya, a animé au Palais du peuple, à Kinshasa, deux séances académiques d’envergure marquant le démarrage officiel de la campagne nationale de sensibilisation aux enjeux du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat ( RGPH2). Accompagné du Représentant résident du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), Alain Akpadji, le Min’Etat Guylain Nyembo a débuté sa catéchèse par la Chambre haute du Parlement, dans un élan de sérénité absolue et de mobilisation, avant de se rendre à l’Assemblée nationale. Dans sa mercuriale, devant les Sénateurs, il a démontré l’intérêt fidèle du Gouvernement congolais à pouvoir actualiser les données statistiques nationales, dans un contexte aussi délicat que traverse la République démocratique du Congo.
Acte de souveraineté nationale
Le Ministre d’Etat en charge du Plan et de la Coordination de l’Aide au Développement a présenté le Recensement de la population et de l’habitat sous le prisme d’un acte républicain de souveraineté, de responsabilité institutionnelle et de vision, dans dynamique pensée pour l’élaboration des politiques adaptées aux besoins réels des populations.
« L’enjeu de notre rencontre peut se résumer en une simple conviction : Gouverner, c’est d’abord connaître. Et pour connaître, il faut commencer par compter. C’est toute la raison d’être du Deuxième Recensement Général de la Population et de l’Habitat. Le RGPH-2 n’est pas une simple opération statistique. Il est un acte de souveraineté nationale.
Aucun État moderne ne peut planifier son développement, répartir équitablement ses ressources ou évaluer l’impact de ses politiques publiques sans disposer de données fiables sur sa population et son territoire », a déclaré Guylain Nyembo.
Répondant aux questions des Sénateurs, M. Guylain Nyembo a apporté un peu plus d’éclairage sur l’ensemble du processus du RGPH2, épinglant l’instauration d’un grand nombre d’innovations liées entre autres à l’intelligence informatique, mais aussi à la collecte des données par satellite pour les zones d’accès difficile.
Vers un Réseau de Sénateurs Amis du RGPH2
Le membre du Gouvernement a sollicité la mobilisation de la Chambre haute du Parlement en vue de sa contribution à l’appropriation institutionnelle de ce qui est voulu comme un outil d’aide à la planification du développement en RDC.
« Si le Gouvernement accorde une telle importance à cette opération, c’est parce que le recensement constitue le fondement de toutes les grandes politiques publiques. Les données qui en seront issues serviront à mettre en œuvre la Vision RDC 2050, le Plan National Stratégique de Développement, le
Programme d’Actions du Gouvernement, la politique de décentralisation, ainsi que les engagements internationaux de notre pays, notamment les Objectifs de Développement Durable et l’Agenda 2063 de l’Union Africaine. Grâce au RGPH-2, les investissements publics seront mieux orientés, les infrastructures sociales mieux réparties et les provinces disposeront enfin de données fiables pour planifier leur propre développement. Le premier bénéficiaire de cette opération ne sera pas l’administration. Ce sera le citoyen congolais », a-t-il nuancé, dans son exposé, avant de proposer, dans son élan, la mise en place d’un Réseau des Sénateurs amis du RGPH2 pour l’accompagnement du processus.
L’Assemblée nationale mobilisée
Deuxième étape de la sensibilisation, l’Assemblée nationale a accordé une oreille attentive à Guylain Nyembo Mbwizya. Face aux Elus du peuple, le Ministre d’Etat au Plan a souligné la nécessité pour un pays comme la RDC de disposer d’un système statistique moderne, efficace et fiable, au cœur d’un monde en mutation.
« Comme vous le savez bien, les Nations Unies recommandent l’organisation d’un recensement général de la population et de l’habitat tous les dix ans. Mais, en raison du dysfonctionnement du système statistique et des contextes sociopolitiques moins favorables, nous avons raté l’occasion d’organiser des recensements lors des séries successives de 1990, 2000, 2010 et 2020, et il est aujourd’hui difficile d’appréhender les tendances et l’ampleur des phénomènes tant socio-économiques que démographiques jusqu’au niveau des entités décentralisées. En conséquence, les projections démographiques issues du recensement de 1984 ne sont plus valables du fait qu’elles portent sur une longue période de plus de 40 ans », a-t-il clarifié devant la Représentation nationale.
Dans la foulée, il a énuméré les grands axes des résultats attendus du RGPH2, à savoir: dénombrer et fournir l’effectif global de la population congolaise ; déterminer les niveaux et tendances de la fécondité; connaître les caractéristiques économiques de la population aux niveaux nationaux et des entités administratives; fournir les données de base nécessaires à la connaissance de l’évolution future de la population.
Quid du RGPH2 ?
Il sied de noter que le deuxième Recensement général de la population et de l’habitat constitue une opération purement scientifique qui se décline en quatre principales phases, à savoir : la phase préliminaire, la phase préparatoire, la phase du dénombrement général de la population ou du recensement proprement dit et, enfin, la phase post-censitaire.
A ce jour, la phase préliminaire touché à sa fin. Elle a consisté en la mise en place des structures pour la préparation et la planification des activités, l’élaboration des documents de base, le test de la méthodologie de la cartographie, le plaidoyer pour la mobilisation des ressources et la signature du Décret prescrivant le recensement.
Etape décisive
Le processus global se situe, pour l’heure, à la phase préparatoire. Elle a pour principales activités la campagne de sensibilisation et d’information, l’élaboration de la méthodologie générale du recensement et des questionnaires, la conception des programmes informatiques ainsi que la cartographie censitaire. Cette dernière constitue l’opération technique clé de cette phase et est déterminante pour garantir l’exhaustivité du dénombrement général de la population, en évitant les omissions et les multiples comptes. Elle permettra de doter la RDC de statistiques fiables après plus de 42 ans sans recensement scientifique. Selon les explications du Ministre d’Etat au Plan, après le lancement de l’étape de la cartographie censitaire avec le recrutement du personnel dédié à la tâche, les prochaines étapes du RGPH2 concernent, entre autres, la formation des agents cartographes de Kinshasa (juillet-Août 2026), la collecte des données dans la ville province de Kinshasa (Août-Septembre
2026), le recrutement des agents recenseurs ( décembre 2026- janvier 2027) et la formation en cascade des agents recenseurs. Le dénombrement ou le recensement proprement dit débutera en juillet 2027. Et la publication des résultats, in fine, interviendra en décembre de la même année 2027. L’ensemble des opérations nécessite une importante enveloppe de 192 millions USD. Le Gouvernement, à son niveau, a mobilisé un montant de 30 millions pour faire avancer la machine. L’UNFPA, la Banque mondiale et la BAD ont manifesté, lors de la Table-ronde des Bailleurs de fonds, organisée dernièrement, à Kinshasa, leur engagement à mettre les moyens nécessaires pour permettre à la RD Congo de remporter son pari.
Gloire Mfemfere
