Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a lancé un appel retentissant en faveur d’une réforme en profondeur de l’architecture financière internationale et des institutions mondiales, affirmant que l’énorme potentiel de l’Afrique est actuellement entravé par un système international injuste. Ses déclarations, faites lors du Africa Forward Summit 2026, soulignent l’urgence de donner à l’Afrique une voix égale et une représentation significative sur la scène mondiale.
M. Guterres a vivement critiqué un système mondial « conçu sans l’Afrique et fonctionnant encore largement sans l’Afrique, perpétuant des injustices séculaires ». Il a déploré que les pays africains soient trop souvent contraints de se plier à des décisions prises au sein d’institutions où ils ne disposent pas d’une voix égale à celle des autres. Cette situation, selon lui, doit impérativement changer.
Le chef de l’ONU a insisté sur la nécessité d’une réforme structurelle des institutions mondiales, soulignant qu’elles doivent refléter le monde tel qu’il est aujourd’hui, et non tel qu’il était il y a quatre-vingts ans, lors de leur création après la Seconde Guerre mondiale. Il a notamment pointé du doigt l’absence de sièges permanents pour l’Afrique au Conseil de sécurité des Nations Unies et son pouvoir décisionnel limité au sein des institutions financières internationales. « Il n’y aura pas de justice tant qu’il n’y aura pas de membres africains permanents au Conseil de sécurité », a-t-il déclaré.
António Guterres a également mis en lumière le besoin d’investissements plus importants et à des conditions équitables pour permettre aux pays africains de se construire, de croître et de se transformer. Il a dénoncé les coûts d’emprunt disproportionnellement élevés auxquels font face les nations africaines, qui peuvent être jusqu’à trois fois supérieurs aux taux de référence, limitant ainsi leur capacité à investir dans le développement durable. Le continent africain, malgré son immense potentiel en énergies renouvelables (60% du potentiel solaire mondial), ne reçoit qu’une infime partie des investissements mondiaux dans ce secteur, soit seulement 2%.
Ces appels à la réforme ont été réitérés lors de plusieurs événements récents, dont le Sommet « Africa Forward » à Nairobi, co-organisé par le Kenya et la France, où il a salué le « leadership africain » dans les débats sur la réforme de l’architecture financière internationale. Il a également participé à l’inauguration de nouvelles installations de l’ONU à Nairobi, un projet d’expansion qui, selon lui, est un « vote de confiance dans la place de l’Afrique au cœur de la coopération internationale ».
Le Secrétaire général a souligné que l’Afrique est un « moteur de solutions, une source d’innovation et une voix de clarté morale ». Il a appelé à un partenariat international avec l’Afrique fondé sur l’égalité, la complémentarité et le bénéfice mutuel, insistant sur l’investissement dans l’industrie, le renforcement des universités et des institutions de recherche, et le développement des capacités en intelligence artificielle.
En résumé, les déclarations d’António Guterres mettent en évidence une conviction forte : pour que le monde progresse, il est impératif de corriger les déséquilibres historiques et structurels qui freinent le développement de l’Afrique et de donner au continent la place qu’il mérite dans la gouvernance et l’économie mondiale.
César Nkangulu
