C’est un Augustin Kabuya dégingandé qui s’est exprimé face aux militants et cadres de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS-Tshisekedi) lors d’une causerie morale organisée dimanche dernier au siège du parti, dans la commune de Limete. Cette prise de parole n’avait rien d’ordinaire au vu du tollé provoqué par les déclarations de l’Opposant Martin Fayulu au sujet de la Communauté Banyamulenge.
« Un homme d’État sait ce qu’il peut dire et ce qu’il ne peut pas dire. Un leader est celui qui montre le chemin », a fustigé le Secrétaire Général et Président a.i du parti présidentiel. Il rejetait ainsi les propos du Leader de l’Ecidé, qui, dans une sortie médiatique récente en Europe, a remis en question la nationalité des Banyamulenge, en les présentant comme des populations venues du Rwanda.
« Les politiciens qui vous disent que les Banyamulenge ne sont pas des Congolais sont des menteurs. Les Banyamulenge sont nos frères congolais », a-t-il interpellé, dans sa communication, face aux membres de l’UDPS. Pour lui, dans un contexte où la République démocratique du Congo continue à payer le prix de l’agression injuste imposée par l’armée rwandaise, en complicité avec la coalition AFC/M23, dans l’Est du territoire national, les énergies doivent être canalisées vers la cohésion des congolais, la solidarité nationale et l’éveil patriotique plutôt que vers la stigmatisation. Augustin Kabuya a défendu l’idéologie de son parti, centrée notamment sur le mérite et la responsabilité citoyenne, rappelant que chaque congolais a sa place dans les efforts visant la transformation nationale. « L’UDPS, comme parti politique, a un député national de la communauté Banyamulenge. Nous avons aussi un ministre d’État issu de la même communauté », a-t-il complété, dans son élan des vérités. Plus loin, durant la causerie morale, Augustin Kabuya a attiré l’attention de l’Opposant Martin Fayulu en tant qu’acteur politique sur sa responsabilité dans la construction d’un climat de sérénité et de mobilisation populaire face à la persistance de l’agression rwandaise dans la partie orientale.
« Comment prétendre diriger ce pays quand on a une dent pour une communauté ? », s’est-il demandé, tout consterné, dans ses propos…
La Pros.
