Dix ans après sa création, le Collège des hautes études de stratégie et de défense (CHESD) ouvre une nouvelle séquence. À l’occasion de la clôture de l’année académique 2025-2026, de l’ouverture de la nouvelle année académique et de la célébration de son 10ᵉ anniversaire, le Président Félix-Antoine Tshisekedi a fixé cinq priorités pour les dix prochaines années de l’institution, sous le regard du Président burundais Évariste Ndayishimiye, invité à cette occasion.
Dans sa feuille de route 2026-2036, présentée comme une « boussole stratégique » et un « contrat de performance », Félix Tshisekedi a retenu cinq priorités : la pensée souveraine, l’anticipation, la souveraineté numérique et informationnelle, l’ouverture africaine et la coopération régionale, ainsi que l’éthique républicaine.
Pour la pensée souveraine, le Chef de l’État demande au CHESD de renforcer la recherche stratégique, de contribuer à l’élaboration de la doctrine nationale de défense et de sécurité et de produire des analyses destinées aux décideurs. « Penser par nous-mêmes est la première condition pour décider librement et agir souverainement », a-t-il déclaré.
Sur l’anticipation, il appelle l’institution à se doter d’une capacité permanente de veille stratégique et de prospective, notamment à travers l’analyse des données, la simulation de crises et l’alerte précoce.
La troisième priorité concerne la souveraineté numérique et informationnelle, avec notamment la cybersécurité, l’intelligence artificielle, la maîtrise des données, la communication stratégique et la lutte contre la désinformation.
Le président de la République a aussi appelé au renforcement de l’ouverture africaine et de la coopération régionale, ainsi qu’à la promotion de l’éthique républicaine. Il a notamment rappelé aux auditeurs que le diplôme obtenu au CHESD constitue une responsabilité au service de la République.
Abordant la situation sécuritaire, Félix Tshisekedi a réaffirmé que « la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’unité nationale de la RDC ne sont pas négociables ». Il a réitéré le choix du dialogue et de la diplomatie dans la recherche de la paix, notamment à travers les processus de Doha et de Washington.
« Une diplomatie crédible doit s’appuyer sur un État fort, une défense organisée, une institution respectée et une vision stratégique cohérente », a-t-il insisté.
Dix ans de formation et de recherche
Créé en 2016, le CHESD a pour mission de former des cadres civils et militaires capables d’analyser les mutations de l’environnement stratégique, d’anticiper les menaces et d’éclairer la décision publique dans les domaines de la défense, de la sécurité, de la gouvernance et des relations internationales.
Le directeur général du CHESD, le général-major Augustin Mamba, a dressé le bilan de ces dix années d’existence. « Dix années se sont écoulées, dix années de construction institutionnelle, dix années consacrées à la formation des élites, dix années de réflexion, de recherche et de production de la pensée stratégique, dix années enfin au service de la RDC, de l’Afrique centrale et du continent africain », a-t-il déclaré. Il a estimé que le CHESD s’est progressivement imposé comme un cadre de formation et de recherche à vocation nationale, régionale et internationale.
Pour Félix Tshisekedi, le CHESD doit désormais poursuivre son développement et renforcer son rayonnement en Afrique. « Le CHESD n’a pas seulement atteint l’âge de la maturité, mais celui du rayonnement africain », a-t-il souligné.
La cérémonie a été marquée principalement par la remise des brevets aux auditeurs de la 11ᵉ session ordinaire et de la session spéciale. Au total, 32 auditeurs de la session ordinaire et 135 de la session spéciale ont été concernés. Parmi eux figurent 18 membres des FARDC, cinq de la PNC et neuf de l’ESAM, ainsi que neuf auditeurs étrangers venus du Congo-Brazzaville, du Burundi, de la Centrafrique, de la Guinée et du Bénin.
La Pros.
