En République démocratique du Congo, la 17ème épidémie d’Ebola a été officiellement déclarée par les autorités sanitaires en date du 15 mai 2026. Un mois après cette annonce, le Gouvernement réaffirme son engagement en faveur d’une riposte active et entièrement adaptée à l’ampleur de la crise. Hier, lundi 15 juin 2026, au cours d’un briefing organisé à la Radio Télévision Nationale Congolaise, Samuel Roger Kamba, Ministre de la Santé, et Patrick Muyaya, Ministre de la Communication et médias, ont présenté une situation épidémiologique globalement maîtrisée, marquée par de nombreux efforts consentis à l’échelle institutionnelle pour limiter la propagation de la souche Bundibugyo et assurer la protection des populations. Le Ministre Roger Kamba, dans ses propos luminaires, a-t-il pris soin de sonner le tocsin. Dans un ton interpellateur, le numéro 1 du secteur de la Santé en RDC a déploré une attitude de résistance que certaines communautés se permettent de manifester, estimant que le virus Ebola relèverait de l’imaginaire, de la manipulation, voire, du mystique. Un jugement qu’il a formellement jeté au feu.
Face à la presse, le Ministre Kamba a lancé plutôt un appel à la sérénité absolue et à la responsabilité communautaire pour booster la riposte nationale.
Tous contre Ebola en RDC
Il a saisi le moment pour dévoiler les chiffres. Selon lui, l’épidémie d’Ebola, un mois après sa confirmation, n’a touché que 31 zones de santé dans 3 provinces: le Nord-Kivu, l’Ituri et le Sud-Kivu. Il a indiqué que la RDC compte à ce jour 808 cas attestés, 192 décès et plus de 50 patients guéris.
« Quand nous avons déclaré cette épidémie, il y avait déjà trois zones de santé touchées: Bunia, Rwampara, Mungwalu… Un mois plus tard, nous sommes à 808 cas confirmés, 192 décès. Nous avons actuellement 363 personnes qui sont en isolement. Nous sommes au-delà de 50 guéris officiellement. D’une manière générale, nous sommes à 31 zones de santé touchées en trois provinces. Le premier défi que nous avons, c’est notamment au niveau des communautés. Nous voulons vraiment leur faire comprendre qu’Ebola n’est pas une maladie imaginaire, inventée. C’est vraiment un virus que nous avons identifié et décrit dès le premier jour. Malheureusement, nous avons au niveau de certaines communautés une grande résistance… Il y en a même qui pensent que c’est en allant aux centres de traitement qu’on décède… L’appel solennel que je fais ce soir, c’est aux communautés, en général, mais surtout aux leaders communautaires: Ebola n’est pas une maladie mystique. Plus vous vous annoncez tôt, plus vous avez les chances de guérir. Deuxième point critique que nous avons concerne les enterrements dignes et sécurisés. Encore une fois, la résistance communautaire fait que, parfois, les communautés pensent qu’elles doivent enterrer elles-mêmes leurs membres décédés, au point de chasser les travailleurs de la santé. Malheureusement, c’est le plus grand risque. Mon deuxième appel s’adresse à tous les chefs coutumiers des provinces touchées: informez les communautés que les rites d’enterrement constituent le plus canal de contamination », a-t-il interpellé.
Et de compléter : » Nous avons d’autres défis qui sont notamment la surveillance des cas contacts. A cause de la résistance communautaire, il y a des contacts qu’on n’arrive pas à identifier parce que les personnes ne veulent pas être présentées par leurs familles. On a un taux de suivi qu’on va augmenter à 63%. Notre target c’est 95%. On a formé des relais communautaires. On en a formé plus de 200 et on a déjà déployé 1000. Avant la fin de la semaine… Avant début juillet, on va être autour de plusieurs de relais communautaires. Ils sont très importants. On en a pour l’instant plus de 15 à 20 par aire de santé ». Au moment de ses interventions, le Ministre de la Communication et médias, Patrick Muyaya a lancé un appel à la confiance, mais surtout à l’implication de tous les congolais dans la bataille de la sensibilisation face à Ebola. Il a surtout souligné la volonté du Gouvernement, que dirige la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, à tout mettre en œuvre pour vaincre la 17ème épidémie d’Ebola pour permettre notamment le retour à la vie normale dans toutes zones, jusque-là, touchées.
La Pros.
