
La famille de Patrick Kapuku Babene est toujours sans nouvelles de lui, deux jours après la marche organisée par l’Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECIDE), parti dirigé par Martin Fayulu. Le jeune militant aurait été arrêté lors de la répression policière qui a marqué la fin brutale de cette mobilisation citoyenne.
Le 14 octobre 2020, les partisans du parti d’opposition s’étaient rassemblés pacifiquement à partir de Mombele, dans la commune de Limete, avec pour objectif d’atteindre Pascal, à Tshangu. L’intervention rapide des forces de l’ordre a mis fin à la marche au niveau de l’échangeur de Limete. Plusieurs arrestations ont été signalées, dans une atmosphère confuse. Patrick Kapuku aurait fait partie des personnes interpellées.
Depuis lors, plus aucune trace du militant. Une situation qui plonge ses proches dans une profonde détresse.
« Nous avons cherché partout, dans les commissariats, les centres de détention connus, les hôpitaux… Personne ne nous donne d’information claire. C’est comme s’il s’était volatilisé. D’autres nous disent qu’il est entre les mains des services de sécurité », confie son père.
Face à ce silence prolongé, la famille accuse les autorités de ne rien faire pour éclaircir la situation.
« Nous voulons simplement savoir ce qui lui est arrivé. S’il est vivant, qu’on nous dise où il est. Et s’il est mort, qu’on nous rende son corps », supplie la mère du disparu, visiblement éprouvée.
Patrick Kapuku Babene, connu dans son quartier pour son militantisme, s’était engagé activement dans les activités politiques de l’ECIDE depuis les élections controversées de 2018. Ce n’était pas sa première arrestation. Le 17 janvier 2020, il avait déjà été appréhendé lors d’une autre marche, mais avait réussi à s’échapper. Cette fois, sa disparition laisse craindre le pire.
Le parti de Martin Fayulu, de son côté, continue de réclamer la libération de tous ses membres arrêtés ou disparus à la suite des manifestations. Toutefois, aucune information officielle ne permet, à ce jour, de faire la lumière sur le cas de Patrick Kapuku.
Désespérée, la famille lance un appel pressant à l’opinion publique et aux organisations des droits de l’homme :
« Nous ne pouvons pas faire le deuil de notre fils tant que nous ne savons pas ce qui lui est arrivé. C’est une douleur qui ne passe pas », conclut son père, les yeux remplis d’amertume.