Les rideaux sont tombés sur Endo FoDAB 26, le deuxième Congrès d’endoscopie de la République Démocratique du Congo, organisé du 17 au 18 juillet 2026 à l’Institut National des Arts (INA) de Kinshasa. Co-organisée par la Fondation Daemmi Berlind (FoDAB) et l’Université de Kinshasa (UNIKIN), cette grande rencontre scientifique s’est clôturée sur une note de satisfaction, marquée par l’adoption d’importantes recommandations visant à rendre la pratique de l’endoscopie plus accessible en RDC.
Pendant deux jours, médecins spécialistes, chirurgiens, enseignants d’universités, chercheurs et experts venus de plusieurs pays d’Afrique et d’Europe ont échangé autour des défis et des perspectives de la chirurgie mini-invasive en Afrique centrale.
Placée sous le thème « Chirurgie minimale invasive en Afrique : innovations au service d’une pratique contextuelle et durable », cette deuxième édition avait pour ambition de promouvoir des techniques chirurgicales modernes, moins invasives et adaptées aux réalités africaines. Elle a également constitué un cadre privilégié de partage d’expériences, de renforcement des capacités des professionnels de santé et de réflexion sur l’avenir de l’endoscopie en RDC.
Présidé par le Pr Jean-Louis Benifla (France) et coordonné par le Pr Emmanuel Nzau Ngoma, Endo FoDAB 26 s’est voulu un véritable plaidoyer en faveur d’un accès plus large à l’endoscopie afin que cette pratique innovante contribue durablement à l’amélioration de la qualité des soins en République démocratique du Congo.
le représentant du Recteur de l’Université de Kinshasa a salué la participation des nombreux congressistes venus de différents horizons pour réfléchir ensemble au développement de l’endoscopie, une discipline appelée à occuper une place de plus en plus importante dans le système de santé congolais.
Pour sa part, le président du Congrès, Pr Emmanuel Nzau Ngoma, reconnu pour son engagement dans la sensibilisation et la vulgarisation de l’endoscopie en RDC, à appeler les participants à tirer pleinement profit des échanges scientifiques afin de proposer des solutions concrètes susceptibles de favoriser l’implantation durable de cette pratique médicale dans le pays.
Avant l’ouverture officielle du congrès, des ateliers pratiques avaient déjà été organisés les 15 et 16 juillet 2026 à l’Université de Kinshasa. Les participants y ont été formés notamment en hystéroscopie, en vNOTES en gynécologie ainsi qu’au cours international de nursing en endoscopie, offrant ainsi un important volet pratique à cette rencontre scientifique.
Tout au long des travaux, les experts ont présenté les avantages de l’endoscopie, qui permet d’explorer et de traiter de nombreuses pathologies grâce à des techniques peu invasives. Cette approche favorise un diagnostic plus précoce, réduit les complications opératoires, diminue les douleurs post-opératoires et accélère la récupération des patients par rapport à la chirurgie conventionnelle.
Cependant, les congressistes ont également mis en lumière plusieurs obstacles qui freinent encore le développement de cette pratique en RDC et dans plusieurs pays africains. Ils ont notamment évoqué le manque d’équipements modernes, l’insuffisance des infrastructures hospitalières adaptées, le coût élevé du matériel, la faiblesse des financements ainsi que le besoin de renforcer la formation spécialisée des professionnels de santé.
À l’issue des travaux, plusieurs recommandations majeures ont été adoptées afin d’accélérer le développement de l’endoscopie en Afrique.
Les participants recommandent notamment d’intégrer un module de formation en endoscopie dans le cursus de base des facultés de médecine, avec un apprentissage préalable sur simulateurs et modèles animaux avant la pratique chez l’être humain.
Ils préconisent également la création de centres régionaux de référence en endoscopie pour mutualiser les équipements, les compétences et les formations dans la sous-région.
Les congressistes ont aussi recommandé le développement de programmes de bourses et d’échanges entre praticiens africains et centres internationaux d’excellence afin de renforcer les compétences locales.
Ils ont, en outre, insisté sur la nécessité de promouvoir l’anesthésie adaptée aux techniques mini-invasives, de faciliter l’accès aux équipements spécialisés et d’institutionnaliser Endo FoDAB comme un rendez-vous scientifique régulier, voire annuel, consacré à la chirurgie mini-invasive en Afrique francophone.
En clôturant les travaux, les participants ont salué la qualité de l’organisation ainsi que le leadership du Pr Emmanuel Nzau Ngoma, dont les efforts contribuent à faire progresser la pratique de l’endoscopie en République démocratique du Congo.
Bosco Kiaka
